Le parfum de la dame blonde, c’est Maurice Leblanc qui le fabrique en secret !

Le vol d’un secrétaire, d’un billet de loterie, d’une lampe, d’un diamant bleu… n’y aurait-il pas de l’Arsène Lupin là-dessous ? Un Arsène Lupin,1 qui se cache, dans ce roman, sous les noms de Maxime Bermond et de Félix Davey (un jeune homme à la musculature « peu ordinaire ») ! Un gentleman cambrioleur, aidé par une mystérieuse dame blonde, qui n’hésite pas à cacher des diamants dans de la poudre dentifrice et à teindre ses cheveux pour donner le change !

Le mystère de la dame blonde

Elle semble être présente sur tous les lieux où quelque chose tend à disparaître. Elle est « blonde – excessivement blonde ». Des cheveux blonds, d’un « blond étincelant », d’un « or violent ». Et une « figure très pâle » ! La complice d’Arsène Lupin se reconnaît à son capillaire, un capillaire, qui, à la réflexion, ne fait pas très naturel et à son… parfum !

Le mystère du diamant envolé

Le baron d’Hautrec s’est fait tuer à son domicile (ceci n’est guère dans les habitudes du gentleman cambrioleur) et s’est fait dérober un diamant bleu d’une beauté et d’une rareté hors norme. Ce diamant est retrouvé dans « un flacon de poudre de savon », appartenant à un consul autrichien, un certain M. Bleichen. Une « poudre dentifrice », qui renferme un joyau d’exception… ce n’est pas banal. De quoi provoquer un incident diplomatique ! Qui a bien pu fourrer le diamant ou sa copie dans ce cosmétique insignifiant ? La mystérieuse dame blonde peut-être ? Une certaine Mme de Réal, qui a fréquenté aussi bien les Gerbois (au moment du vol de leur secrétaire) que le général d’Hautrec (au moment du vol de son diamant bleu).

Le mystérieux parfum de la dame blonde

Trahie par son parfum… cette mystérieuse dame blonde, qui est traquée par l’inspecteur Ganimard, qui croit bien reconnaître une complice du grand Arsène, en Mme de Réal. En tout cas, ces deux femmes usent du même parfum et c’est, de cette façon, que Ganimard tente de piéger le couple infernal, que forment Arsène et la dame blonde, lors d’une reconstitution que l’on pourrait qualifier d’olfactive.

« Et maintenant voici deux flacons d’odeur, sans étiquette, il est vrai, et vides, mais encore assez imprégnés de leur odeur, pour que Melle Gerbois ait pu, ce matin même, y distinguer le parfum de cette Dame blonde qui fut sa compagne de voyage durant deux semaines. Or, l’un de ces flacons provient de la chambre que Mme de Réal occupait au château de Crozon, et l’autre de la chambre » qu’elle occupait « à l’hôtel Beau-Rivage » !

« Un flacon d’odeur oublié » volontairement ou non dans une chambre d’hôtel… voilà notre Ganimard qui voit ses narines se dilater… un indice laissé en évidence, est-ce bien raisonnable ?

Le mystère de la dame brune qui vire au blond

En réalité, la complice d’Arsène Lupin n’est blonde que grâce à un artifice cosmétique. Si le mot de « teinture » n’est pas prononcé, il est, toutefois, suggéré, puisque la mystérieuse dame blonde est, en réalité, une jolie brune, qui se nomme, pour l’état civil, Clotilde Destange. Une charmante jeune fille, parfaitement dévouée au bel Arsène.

Arsène Lupin contre Herlock Sholmes, en bref

Dans cet opus, Arsène Lupin est poursuivi par le commissaire français Ganimard, mais également par le détective anglais Sholmes. Avec ces fins limiers à ses trousses, on frémit… Arsène Lupin va-t-il pouvoir s’en tirer, une fois de plus ? La réponse est : « Oui », car Arsène peut compter sur des complicités féminines. Et, en particulier, sur l’aide d’une belle jeune fille brune, qui n’hésite pas à teindre ses cheveux en blond, afin de tromper ses adversaires !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Leblanc M., Arsène Lupin contre Herlock Sholmes, Le livre de poche, 1963, 253 pages