Le maquillage, un bon moyen de changer d’identité !
Marcos Avisto, c’est le nom d’emprunt d’Arsène Lupin, dans cet opus. Antoine Bressacq, c’est le gars, qui, pour plaire aux dames, se fait passer pour Arsène Lupin. Victor de la brigade mondaine, c’est l’inspecteur qui a décidé de faire la peau à Arsène Lupin. Il y a du maquillage dans l’air dans ce volume intitulé Victor de la brigade mondaine.1 Il y a aussi des meurtres et une intrigue, tellement touffue, qu’on a baissé les bras. On n’y comprend goutte dans tout cela ! Ce que l’on retient, c’est qu’Arsène Lupin est un maquilleur professionnel, qui s’y connaît comme pas un pour changer de peau à volonté. Cette fois-ci, Arsène est face à lui-même… ou tout du moins face à un voleur qui se fait passer pour lui ! De quoi exciter le bonhomme !
Marcos Avisto, tout faux !
Dans cet opus, Arsène Lupin se grime en homme haut en couleurs, d’origine péruvienne. Dans la chambre de l’individu, les inspecteurs découvrent, en effet, une « boîte de maquillage » encore ouverte, « dont on vient de se servir » ! Du toc, de l’artificiel !
Une femme rousse, tout faux !
Elle a le « visage pâle » et des cheveux « roux, d’un reflet fauve. » Elle est repérée par Victor dans un cinéma parisien, le cinéma-Balthazar.
Cette femme utilise, visiblement, une teinture capillaire, puisqu’elle est en réalité « très blonde », « couleur de paille » ! Une princesse nommée Alexandra Basileïef, qui fréquente Arsène Lupin (du moins c’est ce qu’elle croit, car, en réalité, elle fréquente le double d’Arsène Lupin, sa pâle copie, et non l’original), afin de mettre un peu de piment dans sa vie, en côtoyant la pègre. Une femme séduisante, qui vit à l’hôtel, dans un « doux parfum de tabac étranger » !
La femme du baron Maxime d’Autrey, tout vrai !
Gabrielle d’Autrey est relativement jeune ; elle garde la peau nue, sans une once de « poudre de riz » et ce malgré une couperose marquée. Aucune tricherie, chez cette femme pour qui le naturel doit primer.
Le baron Maxime d’Autrey, tout faux !
Il est accusé de meurtre. Il fait triste figure et est obligé de se maquiller, pour donner le change. La « belle apparence de sa figure » n’est pas « naturelle », mais due au « rouge », appliqué sur sa peau. Le baron use d’artifices féminins ; « il portait du rouge sur ses joues, un rouge violacé, comme en portent beaucoup de femmes », pour cacher sa honte/sa mauvaise foi/sa crainte d’être démasqué. C’est grâce à des cosmétiques que le baron arrive à présenter un visage serein aux forces de l’ordre. Pourtant, cet artifice ne dure guère… Et lorsque le rouge disparait de ses joues, c’est un « teint jaune » qui apparait, témoin des insomnies du pauvre homme. Le « maquillage de la veille » a été laissé dans le cabinet de toilette ! Celui de sa maîtresse (qui use de cosmétiques) et non de sa femme (qui ne connaît pas les cosmétiques).
La maîtresse du baron, archi-faux !
Une jeune femme brune, aux yeux bleus, qui abuse de fard à joues. Ses « pommettes éclatantes de rouge, le même rouge violacé » que celui utilisé par le baron, lorsqu’il veut donner l’illusion de la santé et d’une conscience tranquille. Cette jeune femme finira assassinée !
Victor de la brigade mondaine, en bref
Antoine Bressacq est bien utile dans cet opus, puisqu’il accepte de se faire arrêter à la place d’Arsène Lupin. Celui-ci le fera délivrer rapidement. Moralité de l’histoire : il peut être intéressant d’être copié, imité… lorsque l’on tripatouille des choses pas très nettes.
Et côté maquillage, on est servi. Tous les fards sont de sortie !
Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.
Bibliographie
1 Leblanc M., Victor de la brigade mondaine, Le livre de poche, 1971, 313 pages

