Le DIY… ça fait un siècle que l’on met les consommateurs en garde !
Ces petites histoires illustrées retrouvées dans les journaux destinés aux jeunes filles, nées au début du XXe siècle, sont vraiment précieuses.
Celle figurant dans le numéro du 13 août 1914 du journal Fillette nous montre à quel point les états d’esprit restent les mêmes hier et aujourd’hui.
On y suit les mésaventures d’un certain Ducaillou, dont le cuir chevelu est totalement nu. Cette nudité provoque chez le pauvre homme des rhumes à répétition, qui lui coûtent les yeux de la tête en médicaments divers et variés. (« Et l’on sait si les pharmaciens vous les donnent ! » nous dit l’auteur de cette petite histoire).
Afin de venir à bout de sa calvitie, M. Ducaillou ne vas pas acheter les cosmétiques qui sont vantés par la publicité. Non, sûrement pas, car…ceux-ci « coûtent trop cher ».
Non, M. Ducaillou a une bien meilleure idée. Il se fait rat de bibliothèque et trouve un grimoire contenant une « recette merveilleuse », ayant fait « ses preuves chez les anciens ».
Alors, évidemment, pour mettre au point cette recette, M. Ducaillou va devoir acheter du matériel et divers ingrédients. Autant d’éléments qui coûtent fort cher, mais, là, ce n’est pas grave. M. Ducaillou compte bien rentabiliser tout cela, en fabriquant ensuite, pour trois fois rien, un produit qu’il pourra utiliser au quotidien. (« Cela lui coûta ; mais c’était une dépense une fois faite ; il n’aurait plus à recommencer ensuite. »)
Une fois la recette magique mise au point, M. Ducaillou réalisa un test clinique sur… un volontaire sain. Un œuf ! Et la recette fit merveille. Des poils se mirent à jaillir de la coquille glabre. « Les vieux livres n’avaient pas menti. »
Il ne resta plus à M. Ducaillou qu’à refaire la même expérience sur son propre crâne. Effectivement, des cheveux apparurent… en quantité et en qualité. Des cheveux, qui se mirent à pousser avec une célérité extraordinaire, au point que cela devint très vite incommodant.
M. Ducaillou dut donc investir : un coiffeur au quotidien… Trop onéreux ! Un « dépilatoire »… efficace ! Mais radical ! Retour à la case départ !
Leçon de l’histoire : faire ses cosmétiques soi-même est onéreux et dangereux. M. Ducaillou en a fait la démonstration. Désormais, il ne se prête plus à ce genre de zouaverie. Il préfère porter une… perruque !

