Nos regards
Le déodorant "Respire" ne manque pas d’air !

> 30 novembre 2018

Le déodorant "Respire" ne manque pas d’air !

10 000 déodorants naturels précommandés en 15 jours, c’est le chiffre que nous annonce Justine Hutteau, la fondatrice de « Respire ». Celle-ci nous promet un déodorant naturel, efficace, fait en France, vegan (« aucun de nos ingrédients n’est issu de l’exploitation d’animaux ni testé sur eux »), recyclable, (https://fr.ulule.com/respire-naturel/). On nous parle de transparence, d’absence de « substances nocives », d’absence d’ingrédients « chimiques incompréhensibles » ! On connaît la partition par cœur !

Les déodorants conditionnés en flacon à bille sont disponibles en coffret dont le prix va de 15 à 990 euros, selon que l’on souhaite sponsoriser l’aventure de manière modeste ou plus importante...

Avec de telles prétentions, on court lire la composition car cela doit être révolutionnaire. En fait, les ingrédients annoncés sont le romarin, le triéthyl citrate, l’alcool, l’aloe vera, la fleur de souci, la fleur de mélisse, la glycérine, la gomme d’acacia, la gomme xanthane, l’eau, le benzoate de sodium, l’hydroxyde de sodium (c’est-à-dire la soude) et le sorbate de potassium. Notons au passage que le triéthyl citrate sera considéré par le consommateur comme un « ingrédient incompréhensible » ; celui-ci est inoffensif. Notons également que l’alcool (ou éthanol) est un ingrédient très compréhensible pour tout un chacun ; celui-ci n’est pas l’ingrédient de choix pour qui veut réaliser un déodorant plus sain que sain.

Après lecture de cette liste d’ingrédients, on est bien étonné. Contrairement à ce qui est annoncé, ce déodorant est bien ordinaire. Il ressemble comme deux gouttes de déodorant à la version grande surface Ushuaïa (conditionnement mis à part). La solution hydro-alcoolique de triéthylcitrate est placée selon le cas dans un flacon à bille ou dans un conditionnement sous pression.

Une communication marketing ne doit pas reposer sur une tromperie de la clientèle. Que l’on soit cosmétophobe (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/la-cosmetophobie-qu-est-ce-que-c-est-que-cette-nouvelle-maladie-869/) ou que l’on soit cosmétophile, l’on doit pouvoir choisir son cosmétique grâce aux bons arguments. L’argument « non testé sur animaux » devra être rayé du vocabulaire, la réglementation cosmétique européenne interdisant ces tests depuis des années.

Rappelons enfin que le choix du nom de marque « Respire » n’est peut-être pas très judicieux. Le « jeu » qui consiste à inhaler des déodorants et qui conduit à la mort nous montre bien qu’un déodorant n’est pas fait pour être « respiré » (http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/21/01016-20141121ARTFIG00454-les-dangers-du-jeu-du-deodorant.php) !

Pour mémoire :

Ushuaïa déodorant efficacité 24h sans sels d’aluminium à la pulpe de grenade vitalisante des Açores : Isobutane, alcohol denat, parfum, triethyl citrate, aqua, glycerin, linalool, limonene, citric acid, benzyl alcohol, citronellol, geraniol, punica granatum extract, citral.






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