L’art du mélange, suivez le guide Zézette !

Les cosmétiques, tout comme les médicaments d’ailleurs, sont des produits résultant du mélange de divers composés, appelés indifféremment ingrédients ou matières premières1 et classés en trois catégories, excipients, actifs et additifs. Un mélange qui doit être homogène et stable dans le temps.

Un produit homogène !

Enfin, du moins, on l’espère… Dans le domaine des préparations magistrales, fabriquées par le pharmacien à destination d’un patient bien précis, on se souvient des potions (le mot vient du latin potare signifiant « boire ») destinées à être administrées à l’aide d’une cuillère. Ces potions consistent en des préparations liquides, renfermant, parfois, des substances insolubles dans le solvant utilisé (de l’eau sucrée, le plus souvent), ce qui oblige le préparateur à avoir recours à des gommes permettant d’améliorer le phénomène de mise en suspension. Des formules considérées comme « altérables » (d’un point de vue microbiologique ou physico-chimique), ce qui a pour conséquence le conditionnement dans des flacons de faibles capacités (90 ou 150 mL).2 Ces formules consommées rapidement n’ont guère le temps d’être qualifiées d’instables !

Alors, forcément, un produit que l’on doit agiter

Si l’on a affaire à une formule qui manque un tant soit peu d’homogénéité, un seul geste s’impose : celui qui consiste à secouer énergiquement la préparation en question.

C’est ce que fait notre brave Zézette, avec un peu de retard, mais… qui le fait tout de même !

Zézette, ayant oublié d’agiter son flacon de potion destinée à traiter les régurgitations, il ne lui reste plus, logiquement, qu’à effectuer l’homogénéisation in situ, dans son tube digestif. D’où la série de bonds à laquelle elle s’adonne !

L’art du mélange, en bref

L’art du mélange est la base de la formulation cosmétique. L’idéal recherché est une forme homogène, stable dans le temps. Les biphases partent donc du mauvais pied, avec une préparation qui doit être agitée avant emploi, afin de permettre le mélange d’une phase grasse et d’une phase aqueuse, qui ne souhaitent pas se fondre l’une dans l’autre ! On secouera donc le flacon ou bien, comme Zézette, on fera des bonds… le flacon à la main !

Bibliographie

1 Blanco M, Alcalá M, Planells J, Mulero R. Quality control of cosmetic mixtures by NIR spectroscopy. Anal Bioanal Chem. 2007 Nov;389(5):1577-83

2 Dorvault F., L’Officine, Vigot, 23e édition, Paris, 1995, 2089 pages