La routine-beauté du héros bronzé !

Curieuse aventure… que celle qui commence par la rencontre de James O. Henley et de Simon Templar (dit le Saint). James a grande envie de venir en aide à son ami, Warner Wilson, un homme d’une cinquantaine d’années, qui est, visiblement, en train de perdre la boule.

Derrière tout cela, un trafic d’opium entre la Chine et l’Amérique. Un trafic, mené par une équipe d’hommes (Henley, entre autres), avec à leur tête Warner. Un Henley, qui souhaite prendre la place du chef et a mis au point un scénario bien compliqué.

En attendant, on découvre notre héros dans sa salle de bains et on se rend compte que, lorsque son épouse part en vacances, Simon, qui a horreur du vide, se dépêche de lui trouver des remplaçantes.1

Simon Templar, un héros bronzé

Le héros nous est présenté, comme de coutume, comme un homme au « teint basané ». Un « visage bronzé » (cité 4 fois dans ce roman), un « visage hâlé » (cité 2 fois dans le roman), des « traits bronzés », un « masque bronzé »… qui n’a pas compris que le séduisant aventurier arbore un magnifique bronzage ?

Simon Templar, un héros à la peau sensible

Dès qu’une aventure commence à poindre son nez, Simon ressent de « légers picotements », qui viennent lui caresser la peau ! Un signe qui ne trompe pas !

Simon Templar, un héros soigneusement rasé

Dans cet opus, nous est livrée la routine-beauté de notre aventurier préféré : « Il passa dans la salle de bains, prit une douche, se rasa, s’habilla, fuma une cigarette, but un café terriblement fort et alluma une cigarette. »

Un rasage, qui constitue, pour Simon, un moment de réflexion voire de méditation… comme il l’indique à Marylinn. Celle-ci l’a titillé : « Je me demande, Saint, si votre réputation n’est pas surfaite. » Et lui de répondre : « Confidence pour confidence, je me le répète tous les matins en me rasant. Si j’étais plus intelligent, j’aurais inventé un système pour supprimer le rasoir. »

Warner Wilson, le fantôme de service

Ce petit bonhomme, qui possède des yeux « d’un vert brouillé », est en train de disparaitre d’un point de vue administratif, puisque son acte de naissance a disparu des registres. Son permis de conduire, quant à lui, se réfère à un homme… décédé ! C’est du moins ce qu’il indique à un Simon médusé !

Marylinn Wilson, la blonde bombe de service

La femme de Warner, Marylinn, est toute jeune, contrairement à son époux. Tout juste 23 ans ! Et une magnifique chevelure blonde (« sa blondeur de lin ») et douce comme de la « soie », d’un « blond presque immatériel et, qui, on le voyait, ne devait rien aux artifices des coiffeurs. » Et également des sourcils très clairs et assez clairsemés, « épaissis d’un trait clair de crayon ».

Une jeune femme, qui produit sur Simon un effet violent (« […] il semblait impossible de posséder une chevelure aussi pâle et aussi émouvante ») et qui se confie à lui, expliquant comment et pourquoi une modeste « petite vendeuse dans une parfumerie à Hollywood » s’est retrouvée mariée à un type plein d’argent qui au fil du temps semble devenir totalement fou. Un besoin de sécurité tout bête !

Gloria Greenleaf, la rouquine de service

Premier réflexe de Simon : se rendre au service des permis de conduire, afin de vérifier cette histoire de permis-fantôme. Là, son amie Gloria Greenleaf, une jeune beauté de 25 ans au parfum enivrant (« L’odeur subtile et légère d’un parfum s’exhalait de la jeune femme. ») et aux yeux « couleur d’ambre », ne se fait pas prier pour lui indiquer que le numéro de permis de Warner correspond, en fait, à celui d’un certain William J. Bakerstair… décédé ! Une petite idylle s’ensuit très logiquement !

Miss Vivian, la deuxième rouquine de service

Cette jeune infirmière, qui reçoit Simon Templar, qui vient d’être kidnappé, est une charmante rousse aux yeux bleus. Dans la clinique où il est déposé, Simon doit être opéré d’une appendicite… dont il ne souffre pas. Précisons que cette clinique, dirigée par Amanda Becker, semble être une clinique dont la spécialité est… le traitement des « gangsters en délicatesse avec la loi. » Mieux vaut ne pas tomber entre les mains gantées de ces gens-là !

Amanda Becker, la grande absente

La directrice de la clinique qui a fait kidnapper Simon ne nous est pas présentée, puisqu’elle est tuée dans son bureau, à peine le héros arrivé dans ses murs.

Le Saint se bat contre un fantôme, en bref

Un opus qui nous révèle des éléments anatomiques du Saint. Celui-ci n’a plus son appendice, comme en témoigne une jolie petite cicatrice. Il n’a donc pas besoin d’une seconde opération. Grâce à la sublime Marylinn, Simon arrive à se sauver de plein de situations dangereuses et à faire mettre sous les verrous une bande de trafiquants de drogue. Un opus où Simon ne se montre guère fidèle à Patricia, sa chère et tendre, partie se reposer à Miami !

Bibliographie

1 Charteris L., Le Saint se bat contre un fantôme, Librairie Arthème Fayard, 1955