La femme à sa toilette ou le mal absolu ?

L’Apocalypse de Saint Jean est un texte biblique, assez hermétique, qui a donné lieu à de nombreuses interprétations.1 Cette Apocalypse, qui correspond à une « révélation » et non à une catastrophe, comme on le pense parfois, passe tout de même la plupart de son temps à nous parler de monstres, de cataclysmes, de déluges d’eau et de feu… donc de catastrophes.

Deux femmes y sont évoquées, l’une pure, l’autre impure.

La femme impure, dénommée « La grande prostituée », est décrite comme une femme qui trône sur les grandes eaux. Une femme, richement vêtue et parée, qui arbore une robe « de pourpre et d’écarlate », ornée d’or et de pierres précieuses. Une catin de luxe, qui tient à la main une coupe en or, remplie à ras bord de toutes sortes d’abominations qui se répandent sur le monde environnant. Une femme dont la robe est tachée du sang des martyrs2

La grande prostituée de l’Apocalypse, décrite parfois dans le texte comme une femme de petite vertu ou bien comme une ville corrompue, la ville de Babylone, représente donc le mal dans son ensemble.

Une grande prostituée qui prend les traits, sur la tenture de l’Apocalypse, présentée dans une des salles du château d’Angers, d’une jeune fille à la longue chevelure blonde, occupée à peigner ses cheveux.3 Une jeune fille richement vêtue, qui regarde son image dans le miroir, afin de vérifier que ses cheveux sont bien coiffés.

Une jeune fille beaucoup moins effrayante que le dragon à 7 têtes qui se promène sur cette même tenture !

Beaucoup moins effrayante et, par là-même, beaucoup plus dangereuse.

N’y voyons, donc, pas une critique de la coquetterie ou de la toilette, mais bien plutôt une image destinée à nous mettre en garde contre les talents de séduction de Satan, capable de se glisser sous des formes variées, allant de celle de la frêle jeune fille à celle du puissant et terrifiant dragon. Une Apocalypse qui, après bien des péripéties, s’achève dans la gloire de Dieu, les péchés des hommes étant rachetés par le sang de son fils (l’Agneau).

Bibliographie

1 https://www.persee.fr/doc/thlou_0080-2654_2013_num_44_4_4168

2 https://www.aelf.org/bible/Ap/17

3 https://www.chateau-angers.fr/decouvrir/la-tapisserie-de-l-apocalypse-un-chef-d-aeuvre-unique-au-monde