La dose de produit solaire, un paramètre-clé !
Au début des années 1980, la dessinatrice Nicole Lambert installe ses crayons au Figaro. Les triplés et leur super-maman sont nés. Et c’est parti pour une belle aventure qui va durer, durer…
Les histoires racontées par Nicole sont en phase avec la réalité du moment.
Il y est question des petites et des grosses bêtises réalisées par les chers bambins, qui se mettent à trois pour peaufiner des blagues, qui auraient trois fois moins de saveur si elles étaient réalisées par un enfant unique.
Les triplés et la crème solaire, l’artistique attitude !
Les triplés adorent leur maman ; ils souhaitent que sa peau soit bien protégée lorsqu’elle s’expose au soleil. Pour ce faire, ils n’hésitent pas à vider un tube entier de crème solaire sur le dos de leur victime. Pour que ce soit, tout de même, un peu rigolo, les garnements ont décidé de dessiner sur l’épiderme maternel des cœurs, des étoiles, bref… tout plein de jolies choses. Tout cela afin d’éviter de douloureux coups de soleil.
Sauf que, de la façon dont ils ont procédé, ils ont laissé, sur la peau de leur maman adorée, des plages de peau dénuées de toute protection, qui vont recevoir plein pot d’UV.
Un plein pot de crème solaire, c’est bien… mais encore faut-il appliquer la crème de façon homogène,1 sur la peau sans oublier un seul centimètre carré possible.
Le bain de soleil, la positive attitude !
Dans les années 1980, la notion de bain de soleil est mise en lien avec une notion de positivité. Les personnes qui pratiquent cette activité n’ont qu’une faible connaissance du risque cancérigène associé ; elles considèrent, en revanche, le fait de bronzer comme une activité agréable, permettant d’améliorer l’humeur, une activité qui se pratique de manière sociale, en groupe, avec des amis et qui permet d’arborer une jolie teinte, témoignant d’un bon état de santé.2
La crème solaire, la généreuse attitude !
Une étude de 1991, réalisée en interrogeant les personnes présentes sur des plages de Queensland, en Australie, montrait que, eu égard au niveau d’ensoleillement, les vacanciers étaient assez sérieux, appliquant, pour 71 % des femmes et 68 % des hommes, de la crème solaire sur leur corps. Il faut, toutefois, préciser, que certaines zones du corps sont oubliées lors du crémage c’est le cas des oreilles et de la partie inférieure du corps (pour la moitié des gens interrogés).3 En France, on est, vers la même époque, beaucoup moins sérieux qu’en Australie, puisque l’on trouve des publications nous indiquant que seulement 41 % des gens s’exposant le font en se protégeant avec une crème solaire !4 Et encore, il n’est pas question des zones de peau oubliées !
Une couche généreuse de produit… Voilà ce qui est recommandé pour atteindre le niveau d’efficacité affiché sur l’emballage. Oui, ça c’est la théorie. Mais, en pratique, les gens en mettent moins, beaucoup moins, deux fois moins qu’en laboratoire,5 ce qui diminue leur chance d’être bien protégé.
La bande dessinée, elle nous en dit long !
Quelle que soit la période considérée, il y a de l’information à tirer de la littérature pour adulte ou pour enfants, des bandes dessinées… Ces sources d’informations constituent des images à un temps t. Dans les années 1980, il est de bon ton d’obtenir le bon ton, c’est-à-dire la bonne teinte de peau, celle qui témoigne de vacances réussies, dans un endroit où le Soleil règne en maître. Chez Nicole Lambert, la maman des triplés ne fait pas exception à la règle. Elle considère le bronzage comme une bonne chose, c’est pourquoi elle étale sa serviette sur la plage et s’allonge dessus. Comme plus de la moitié des Français de son époque, cette jeune femme oublie de tartiner sa peau de crème solaire. Heureusement, elle a trois bouts de chou qui vont s’en souvenir pour elle. Alors, évidemment, le geste est maladroit… mais ce geste protecteur existe ! Il suffit, maintenant, d’étaler le produit à la surface de la peau, afin d’obtenir un film épais et homogène et on limitera les effets néfastes des UV.
La bande dessinée, un moyen d’information, qui témoigne des habitudes d’une époque et peut, à l’occasion, véhiculer des messages de santé publique importants !
Bibliographie
1 O’Neill JJ. Effect of film irregularities on sunscreen efficacy. J Pharm Sci. 1984 Jul;73(7):888-91
2 Keesling B, Friedman HS. Psychosocial factors in sunbathing and sunscreen use. Health Psychol. 1987;6(5):477-93
3 Pincus MW, Rollings PK, Craft AB, Green A. Sunscreen use on Queensland beaches. Australas J Dermatol. 1991;32(1):21-5
4 Johnson EY, Lookingbill DP. Sunscreen use and sun exposure. Trends in a white population. Arch Dermatol. 1984 Jun;120(6):727-31
5 Stenberg C, Larkö O. Sunscreen application and its importance for the sun protection factor. Arch Dermatol. 1985 Nov;121(11):1400-2

