L’histoire d’un drôle de Filou, c’est Françoise Sagan qui a perdu son chat !

Alors qu’elle est à la recherche de son chat Filou,1 la belle Corse Angela di Stefano surprend son mari, Giuseppe, dans le lit de la voisine ! Filou ayant eu la bonne idée de venir s’installer sur le rebord de la fenêtre de la chambre de celle-ci.

Coup de tonnerre, dans le vieux Nice, pour cette femme fidèle de 32 ans, qui constate, de ses propres yeux, l’infidélité de sa moitié.

43 ans après la Pomponette de Marcel Pagnol, le Filou de Françoise Sagan nous refait le coup de l’escapade amoureuse qui pourrait tourner au drame !

Angela mise tout sur le 8

Déboussolée, Angela part au casino et mise toutes les économies du ménage sur le 8. Car elle s’est mariée un 8 août, car elle habite au 8 de la rue des Petites-Ecuries.

Angela gagne une fortune

Et le 8 fait recette. Et le 8 lui rapporte la coquette somme de « 66 000 francs » !

Angela hésite…

Que faire d’une telle somme ? La dépenser en produits de luxe, fuir avec, chez ses parents, la cacher sous le sommier. Angela, à qui cet argent brûle les doigts, opte pour un don… cet argent sera remis à la Société de Saint-Vincent-de-Paul.

Et une sage décision

La sage Angela, qui a retrouvé Filou et Giuseppe (ce filou de Giuseppe pourrait-on même dire), rentre sagement à la maison décidant de garder le silence sur ce qu’elle a vu, sur ce qu’elle a fait, en cet après-midi mémorable.

Et un parfum qui colle à la peau

Il n’est pas fier le Giuseppe, dans cette histoire. Pas fier d’avoir joué les chats de gouttière, par une chaude journée d’été. Giuseppe a eu toutes les peines du monde à « faire disparaître le parfum de l’horrible eau de Cologne dont se couvrait Helena. » Avec force savon… il y est, tout de même, arrivé !

Le chat et le casino, en bref

Il y a des moments dans la vie où l’on n’est pas très loin du drame. Afin d’éviter que celui-ci ne survienne, Angela a choisi d’ignorer l’odeur d’eau de Cologne de piètre qualité, qui pollue la peau de son époux. Elle a bien fait… Les Filous finissent toujours par revenir… « Une voisine chantait dehors, d’une voix fausse, et le chat ronronnait déjà à sentir ce qu’Angela faisait griller dans la poêle. » Et la vie continue !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Sagan F., Le chat et le casino in Certains sourires, quatre nouvelles, Ernst Klett Verlag, 44 pages