L’éveil aux cosmétiques !
L’éveil est un film bouleversant de Penny Marshall, sorti sur les écrans en 1990. Deux hommes, un médecin, le Dr Sayer, auquel Robin Williams prête ses traits et un patient, Léonard Lowe, interprété par Robert de Niro, s’y lient d’amitié.
Léonard est interné dans un hôpital psychiatrique, avec un certain nombre d’autres malades. Tous sont isolés du monde, suite à une encéphalite. Ils semblent ne rien voir, ne rien n’entendre, ne rien comprendre. Les soins infirmiers les plus élémentaires leur sont administrés. Pour le reste, chacun reste dans son fauteuil toute la journée. Comme la panthère du poète Rainer Maria Rilke, ces individus sont en cage. Derrière des barreaux épais, leur conscience assoupie dort doucement. Depuis 30, 40 ans !
Une molécule, la l-dopa, va venir rétablir des connexions entre ce monde des morts et le monde des vivants.
En ce printemps 1969, le Dr Sayer réussit une prouesse ; ce chercheur qui n’a, jusqu’à présent, travaillé que sur des vers de terre, s’avère d’une audace exceptionnelle en tentant ce que personne encore n’a osé faire.
Et ça marche. Léonard, apathique, aphasique, prostré depuis 40 ans, renaît à la vie.
Tout comme ses camarades qui retrouvent la capacité de marcher, de s’alimenter…
Rose (Judith Malina) redécouvre, ainsi, son visage dans la glace. Ses cheveux sont devenus tout blanc. Elle réclame donc logiquement de la teinture capillaire, pour retrouver sa teinte brune d’origine. Et puis, l’infirmière en profite pour lui mettre sur les joues quelques coups de houppette de blush, pour un effet bonne mine.
Tout ce petit monde se met à revivre… avec toutefois une épée de Damoclès sur la tête. Le traitement va-t-il continuer à faire effet ?
Non, malheureusement, la l-dopa ne s’avère pas efficace au long terme. Léonard est pris de mouvements anarchiques. Après l’immobilité forcée, son corps est, désormais, le siège de mouvements forcés.
Se brosser les dents (bonjour le dentifrice à appliquer sur la brosse !), se raser devient un calvaire.
Tous sont sortis de leur chrysalide, au printemps 1969. L’hiver suivant, la parenthèse se referme… Le traitement n’a permis qu’une courte rémission.
Une rémission, qui a, tout de même, permis de sensibiliser les soignants à la vie des malades dont l’esprit semble absent.
Désormais, les infirmières n’oublieront plus de colorer les cheveux de Rose, afin de lui renvoyer, par le biais du miroir, l’image d’une femme qui prend soin d’elle !
Il ne reste plus au Dr Sayer qu’à ouvrir les yeux et découvrir l’amour dans ceux d’Eleanor, son assistante !

