L’as de la peau nue, l’as du maquillage, une double personnalité ce brave Arsène… Lupin !

Cet ouvrage de Maurice Leblanc est étrange.1 Il s’agit d’une compilation de quelques aventures du célèbre Arsène Lupin. Maurice Leblanc s’y contredit de manière magistrale… Horace Velmont, Paul Daubreuil, Raoul d’Andrésy… autant de personnalités pour un seul et même homme. Des identités multiples, une capacité de transformation immense… avec ou sans cosmétiques !

Arsène Lupin n’a pas besoin de cosmétiques

Dans la nouvelle intitulée Les jeux du soleil, Maurice Leblanc nous présente un Arsène Lupin à la figure totalement plastique, parfaitement déformable. Son « visage qui se transforme à volonté, sans même le recours des fards » lui permet de se glisser dans la peau d’un vieux paysan ou d’un jeune bourgeois, d’un seul plissement de front et ce, comme nous l’indique, Maurice, sans l’ombre d’un fard, d’un produit de maquillage.

Arsène Lupin a besoin de cosmétiques

Dans la nouvelle intitulée Edith au cou de cygne, ce n’est pas la même chanson, puisque Maurice s’y plait à nous dire que Lupin « a la science du maquillage et de la transformation qui le rend méconnaissable. »

Et dans la nouvelle Le mariage d’Arsène Lupin, rebelote, avec un Arsène, tout fringant, qui épouse Angélique Sarzeau-Vendôme, la fille du duc du même nom, en se faisant passer pour un cousin de la fiancée. Le duc a promis au fiancé cinq cent mille francs en obligations au porteur… ce qui explique la hâte mise par Arsène à se couler sous les traits de Jacques d’Emboise, le fameux cousin, qui vit, depuis 15 ans, en Algérie. La ressemblance entre les deux hommes a facilité la tâche du gentleman-cambrioleur, qui a tout de même dû se grimer un peu pour pouvoir se substituer à son modèle.

Pour sa nuit de noces, Lupin se débarbouille, afin de montrer à Angélique son vrai visage… La jeune fille ne perd pas au change. « « Il se retourna vers une table de toilette, saisit une serviette qu’il mouilla et frotta de savon, et, en un tournemain, s’essuya la figure, se démaquilla et changea le mouvement de ses cheveux. »

Les confidences d’Arsène Lupin, en bref

Confidence pour confidence, il s’embrouille un peu notre cher Maurice Leblanc, lorsqu’il nous décrit son héros préféré. Un coup, c’est un as de la transformation à la peau nue, un autre, c’est un as du body painting ! Allez vous y retrouver dans tout ça !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Leblanc M., Les confidences d’Arsène Lupin, Le livre de poche, 285 pages