Nos regards
L’acide lactique, un acide de fruit qui franchit les siècles

> 16 août 2018

L’acide lactique, un acide de fruit qui franchit les siècles Parler d’acide lactique équivaut à faire un retour dans le passé. Tout comme les adeptes des recettes de cosmétiques maison qui de nos jours dévalisent leur cuisine pour préparer des cosmétiques ressemblant plus à des entrées ou à des desserts, les femmes de l’Antiquité ont, elles aussi, utilisé les produits du quotidien pour entretenir leur beauté.

Cléopâtre et son célèbre bain de lait d’ânesse continue à être évoquée lorsque l’on parle d’ingrédient à effet peeling ou exfoliant (un exfoliant est un ingrédient qui permet l’élimination d’une partie plus ou moins importante de l’épiderme, la couche superficielle constitutive de la peau). En solution à 5 %, l’acide lactique possède un pH très acide (pH voisin de 2) responsable d’un effet corrosif sur la peau.

Cléopâtre a inspiré, par exemple, la société Colgate qui met, dans les années 1980, le savon Cleopatra en avant grâce à une série de publicités mettant en scène la célèbre reine d’Egypte. A la suite de Lever Brothers qui met, en 1925, sur le marché, le savon Lux (il fallait oser commercialiser un savon, l’un des produits cosmétiques les moins onéreux, sous ce nom) présenté comme le savon des stars et comme un véritable produit de beauté à part entière, Colgate se lance dans la commercialisation d’« un nouveau savon », « un secret de beauté qui pourrait bien changer la face du monde ». L’actrice qui joue le rôle de Cléopâtre entre dans une piscine de lait et se lave à l’aide d’un savon qui produit une quantité de mousse extraordinaire. Pas d’effet peeling dans ce cas précis ; seule l’image du lait est utilisée pour traduire les effets bénéfiques du savon.

A la même époque, Rose Codina, responsable de la rubrique beauté de l’émission « Aujourd’hui la vie » sur ce que l’on appelait alors Antenne 2, nous confie ses recettes personnelles de beauté. Son lait démaquillant à base de crème de lait cru et d’eau de fleurs d’oranger témoigne de son goût de la simplicité. « Laissez un bol de lait cru non bouilli, à température ambiante (hors du réfrigérateur) pendant 6 à 8 heures (ou une nuit). Recueillez la crème qui reste en surface. Fouettez-la à parts égales avec de l’eau de fleurs d’oranger. Votre lait démaquillant est prêt à l’emploi. Conservation 3 à 4 jours au réfrigérateur. » (Rose Codina - Les méthodes révolutionnaires de l’esthéticienne - La beauté au naturel - 1982).

De nos jours, l’acide lactique n’est pas l’alpha-hydroxyacide le plus utilisé dans le domaine des peelings. Toutefois, utilisé à forte concentration, il peut entrer dans la composition des cosmétiques éclaircissants (https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/les-acides-de-fruit-un-flou-artistique-2-2-738/).

A faible concentration, on le retrouve, en revanche, dans un grand nombre de cosmétiques. Dans ces cas-là, il émarge à la fin de la liste des ingrédients et on ne peut rien lui reprocher. Il est utilisé afin d’adapter le pH de la préparation au pH souhaité.






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