Histoire d’une crème solaire… qui ne protège pas de tout !
Belle mission que celle de James Bond… aller pêcher un spécimen de poisson rare dans les eaux des Seychelles et ce pour le compte d’un riche américain, Milton Krest, patron d’une chaîne d’hôtels de luxe, les Krest Hotels.1 Il s’agit pour James Bond de partager la vie de l’équipage d’un superbe yacht avec, cerise sur le gâteau ( !), la compagnie de la « ravissante » Mme Krest. Avec aussi l’ordre de se fondre dans le décor, afin de surveiller « la base navale des Maldives », pour sa très Gracieuse Majesté !
James Bond va allier l’utile à l’agréable et donner un sérieux coup de main à une épouse éplorée !
Un conseil avant de partir
« M », qui a confié à James Bond cette mission de surveillance, lui conseille de faire attention à sa peau sous le soleil ardent. « Et prenez garde aux coups de soleil. » Quelle mansuétude !
Un tuyau pour ne pas payer d’impôts
Le yacht appartient à la fondation de Milton. Celle-ci a pour but de préserver les océans et de ramener des spécimens d’animaux marins rares aux musées-partenaires. Tous les déplacements du couple, tous les frais qui en découlent sont tout de suite mis sur le compte de cette bienheureuse fondation.
Milton Krest, un vrai requin !
Il a une cinquantaine d’années, un « visage basané » et « un aigle tatoué juste au-dessus d’une ancre aux multiples enchevêtrements sur l’avant-bras droit ». Milton se méfie tout de même un peu du soleil ; il protège, en particulier, ses lèvres avec « une crème blanche contre les coups de soleil ».
Il est infâme avec son épouse, la maltraitant physiquement et verbalement. Il finira, le spécimen de poisson rare pêché par James Bond, enfoncé dans la gorge !
Elizabeth Krest, une vraie sirène !
Elle est beaucoup plus jeune que son marin car elle affiche 30 ans… à tout casser. Elle n’est pas la première épouse… mais la cinquième ! C’est une jolie blonde, qui se balade quasiment « nue » sur le yacht, avec juste « deux minuscules morceaux de bikini » et est complètement « bronzée » (sa peau est « dorée »), pour la bonne et simple raison qu’elle passe une partie de son temps à prendre des « bains de soleil sur le pont » ; on la trouve, à toute heure du jour, « étendue à plat ventre sur la plage arrière » du yacht. Sa peau et ses ongles sont sans fards, aucun… « Elle n’avait pas de rouge à lèvres ni de vernis aux ongles des mains ou des pieds et ses sourcils étaient naturels. »
Et un James impeccablement propre
Sur le bateau, avant de dormir, James prend « une douche » ! Au réveil, il en prend une nouvelle.
Et un James Bond parfaitement ironique
Bien que James Bond ait envoyé le corps de Milton à la mer, afin d’épargner à sa veuve (et meurtrière) une enquête trop poussée, le voilà qui joue les étonnés en fin de matinée, en s’interrogeant sur le fait que Milton ne s’est pas manifesté. Et d’ironiser… « […] mais s’il dort encore sur le pont supérieur, il doit être en train d’attraper un sérieux coup de soleil […] ».
Le spécimen rare de Hildebrand, en bref
Il y a du soleil à gogo dans cette courte nouvelle. Du soleil et une nana qui n’a pas froid aux yeux. Bien décidée à profiter de la vie et de l’argent de son odieux mari, Elizabeth commet l’irréparable avec la bénédiction de James Bond ! Une histoire qui sent la crème solaire et qui donne envie de partir en vacances !
Bibliographie
1 Fleming I., James Bond 007, Le spécimen rare de Hildebrand, Bouquins la collection tome 2, 2025, 864 pages

