Histoire d’une vamp qui utilise son rouge à lèvres pour pointer les méchants !
Un week-end qui tourne mal dans la campagne anglaise… et un Simon Templar qui passe à proximité d’une maison en flammes.1 Voilà, le décor est planté !
Le propriétaire de la demeure surchauffée, M. Algernon-Sidney Fairweather (Algy pour les intimes) regarde, de sa pelouse, les flammes ravager son bien, sans se soucier de la sécurité de ses hôtes. Et en particulier de Kennet… retrouvé plus tard grillé dans une chambre fermée à double tour. Seule, la fiancée du fameux Kennet, Valérie Woodchester, arrachée à sa chambre par un chevalier-servant empressé, semble s’inquiéter du jeune homme. Et lorsque l’on apprend que le co-locataire de Kennet, Ralph Windlay, vient d’être assassiné d’une balle en pleine tête, on se dit que le hasard n’a rien à voir là-dedans !
Aucun hasard en effet, mais bien plutôt un complot contre la paix, mené par des membres du Faisceau qui, de mèche avec des marchands d’armes, font tout pour déclencher la guerre ! Le brave et « pacifiste » Kennet, qui avait infiltré l’organisation, le paiera de sa vie ! Il avait donné, par précaution, à Valérie, des documents compromettants pour l’organisation… Charge à Simon Templar de mettre la main sur ces documents, afin de faire justice !
Simon Templar, le héros sportif et musclé !
Le héros est présenté comme un homme d’une « condition exceptionnelle », un « athlète complet », en quelque sorte.
Un homme qui ne sait pas résister au charme de ces dames (ou demoiselles) et qui, bien qu’en couple avec Patricia, s’autorise quelques baisers de circonstance (« Il se pencha brusquement et l’embrassa. »).
Pour une fois, on ne nous parle pas ici de la qualité de son bronzage !
Patricia Holm, la moitié du héros !
La chérie de Simon Templar (on ne sait pas si ces deux-là sont mariés) est une belle jeune femme aux « yeux bleus » et aux « cheveux d’or » !
Valérie Woodchester, l’héroïne belle et cosmétiquée !
Cette jeune femme brune, âgée de 25 ans, nous est présentée, par Patricia, comme « l’un des enfants gâtés de la société londonienne. » Une jeune femme, aimant le luxe, qui « emploie la crème de beauté Mond, le rouge à lèvres Kissabel, le lait de beauté Charmante » et qui passe le plus clair de son temps à la une des magazines people. Une « sorte de vamp », aux « blanches épaules », qui irrite forcément Patricia, tant Simon semble fasciné par la plastique irréprochable de celle-ci.
Valérie semble en savoir plus que ce qu’elle veut bien dire sur cette affaire… d’où l’intérêt que lui porte Simon ! Celui-ci décide de ne pas quitter d’une semelle celle qui fréquentait la victime de ce roman. Dans son intimité, Simon découvre les gestes cosmétiques de la belle. Celle-ci se poudre le visage et se couche tous les soirs de bonne heure, afin de faire reposer sa peau. « J’ai peur des rides. Pour les éviter, je me couche tôt. » ; « Elle est allée se coucher trop tôt : elle a peur des rides. »
Une jeune femme qui, même après avoir été enlevée, continue à user de cosmétiques et, pour ce faire, fouille dans son sac à main à la recherche de « sa poudre et de son bâton de rouge » !
Et qui termine l’aventure, parfaitement pomponnée comme si rien n’était arrivé. « Vous allez la retrouver intacte, sans qu’il lui manque un grain de poudre de riz » !
Un comparse abondamment brillantiné !
Ce Dumaire a pour rôle d’enlever Valérie et Simon. Ses « cheveux noirs brillants » sont comme collés sur son front… Il utilise, sans nul doute, une brillantine, un cosmétique très à la mode dans les années 1950.
Un autre comparse rougeàlèvrisé !
Celui-ci se nomme Werner et est désigné à Simon à l’aide d’un bâton de rouge à lèvres (« Elle montra Werner avec son bâton de rouge. »).
Et encore et toujours des comparses
Ceux-là tombent sous la main ou plutôt sous le rasoir et le pinceau de Simon ; ils ressortent de l’aventure les crânes « rasés » et marqués d’une « décoration » qui n’est autre qu’une « croix gammée » !
Le Saint joue et gagne, en bref
Dans ce roman londonien, Le Saint (Simon Templar) se donne pour mission de mettre à mal une organisation qui sème la mort autour d’elle. Pour réussir dans sa mission, Simon se fait aider d’une jeune femme (Valérie), avide d’argent, qui commence par vouloir faire chanter les membres du Faisceau, avant de coopérer avec le célèbre aventurier. Poudre de riz, rouge à lèvres et jolie fille… tous les ingrédients sont réunis pour doper un héros séduisant et séducteur qui marche au baiser !
Bibliographie
1 Charteris L., Le Saint joue… et gagne, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1946, 221 pages

