Histoire d’une jeune fille rousse qui joue les veuves noires !

Vous imaginez bien que quand Simon Templar est appelé, en pleine nuit, au secours d’une jeune fille rousse aux yeux verts, il ne reste pas à traîner chez lui et ce, d’autant plus, que sa compagne Patricia est en voyage en Europe et ne risque pas de revenir de sitôt !1 Il fonce… droit dans l’aventure. Et aboutit direct dans une histoire de fausse monnaie et de vol de bijoux, parsemée de macchabées.

Un trafic de fausse monnaie

La monnaie mexicaine, fabriquée dans l’usine d’un certain Paul Henley, voyage dans des cercueils pour passer la frontière ! Rusé !

Simon Templar, le beau bronzé

Ce jeune aventurier possède « un visage bronzé » ; on le sait, car Leslie Charteris ne cesse de nous le répéter dans chacun des opus mettant en scène ce héros. Cinq fois dans cet opus ! Sans compter la fois où l’on évoque son rasoir électrique qui se balade sur ses « joues bronzées ». Et forcément, en fin de roman, on retrouve notre homme étendu « sur le sable d’or », le corps « bronzé », qui cherche à l’être encore un peu plus à côté d’une jeune fille rousse en bikini !

Marie Virva, la belle rousse

Cette jeune fille, rousse aux yeux verts, âgée de 20 ans, au « visage magnifique », se nomme Marie Virva et dégage un « parfum enivrant », auquel ne peut résister aucun homme normalement constitué. Dans son sac, tout l’arsenal habituel : du rouge à lèvres et de la « poudre » de riz.

Autour d’elle, tout le monde meurt. Son ex-mari (Paul Henley) en premier ! Ensuite, le sieur Rodriguez de l’Habra café ! Puis, Dolorès, l’épouse de ce dernier ! Puis, Norma !

Dolorès Rodriguez, la sanglante veuve

Cette femme à la peau « bistrée » ne porte aucune trace de fard sur son visage. En revanche, elle n’hésite pas à maquiller ses lèvres « d’un trait sanglant »… Peu sympathique, cette veuve !

Edith Gilbert, la veuve fatiguée

La tante de Marie est une femme chic, qui fait la une des magazines. Une femme, qui fait coudre des diamants volés dans la doublure de ses robes du soir et qui, certains soirs, présente un « visage fané et trop maquillé ».

Mabel Floria, la veuve odoriférante

La sœur d’Edith n’a pas eu la chance d’épouser un milliardaire. Tombée dans la pauvreté, Mabel tombe dans l’obésité, devenant une sorte de « phénomène de foire » ; « une montagne de chair surmontée d’une chevelure d’un blond agressif ». Ajoutez à ce joli tableau une odeur « insupportable de crasse mêlée de parfum à bon marché » et des lèvres « peintes », sans grande application.

Gus Becker, le racketteur parfumé 

Ce racketteur, qui fait une courte apparition dans le roman, est « abondamment parfumé » ; sa fragrance obsédante rappelle à Simon l’odeur d’une « vieille cocotte » !

Comme dans un bain de mélasse

Après avoir été séduit par Marie, Simon se voit impuissant à stopper cette série de crimes, qui semble ne jamais vouloir cesser. Dans ce roman, aveuglé par l’amour (mais peut-être est-il très lucide et joue-t-il les amoureux transis ?), il rame à contre-courant, ne comprenant pas qui se cache derrière l’hécatombe qui sévit autour de lui. Il a « la curieuse sensation d’être plongé dans un bain de mélasse » qui l’englue, le ligote !

Comme dans un bon bain

Avec tous ces morts et toutes ses éclaboussures, il faut bien se laver, pour éliminer toutes ces traces et même celles de la poudre, lorsque c’est Simon qui a été obligé de tirer.

Le Saint et la veuve noire, en bref

Il faudrait être bien naïf pour ne pas comprendre que la terrible « veuve noire », qui tue tous les membres de sa famille plus quelques comparses en passant, n’est autre que la douce Marie. Une jeune fille à la tête d’une organisation, jusque-là bien huilée, qui dérape, tout un coup, lorsque les uns et les autres veulent se mettre à jouer en solo !

Bibliographie

1 Charteris L., Le Saint et la veuve noire, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1953, 221 pages