Histoire d’une femme qui maquille ses lèvres et d’un homme qui maquille sa vie !
L’étoile du nord est un film de Pierre Granier-Deferre, sorti sur les écrans en 1982.1 Une adaptation du roman de Simenon, Le locataire.2
Un pauvre type, Edouard Binet, habitué à vivre aux crochets de femmes riches, a quitté l’Egypte sur le même bateau que Sylvie Baron. Il présente celle-ci à Nemrod, un homme violent et plein aux as.
Arrivé en Belgique, Sylvie se fait entretenir par Nemrod, dans un hôtel de luxe. Edouard tourne autour du pot de miel… et finit par tuer Nemrod, pour quelques billets de banque.
Sylvie, mouillée jusqu’au cou dans cette affaire, envoie le pauvre Binet à Charleroi, dans la pension de famille tenue par sa mère. Le temps que ça se tasse !
Et là, Edouard est, sans doute pour la première fois de sa vie, comme un coq en pâte, choyé par une Mme Baron, subjuguée par un pensionnaire qui l’emmène voyager sur les rives du Nil, lui dévoile la beauté des femmes égyptiennes et lui redonne, en quelques jours, le sens et le goût de la féminité.
Sylvie Baron, la femme fardée
Sylvie Baron, jouée ici par Fanny Cottençon, est une jeune femme qui aime le luxe, les beaux bijoux, les cosmétiques. Les raccords de rouge à lèvres se font à chaque fois qu’elle rencontre une glace !
Une vie un peu dissolue, qui ne plaît guère à sa mère, une femme besogneuse, dont l’univers se réduit à la taille de sa cuisine.
Mme Baron, une femme sans fard
Mme Baron, jouée ici par Simone Signoret, est une femme d’âge mûr, qui n’attend plus grand-chose de la vie. Pas de fard dans la vie de cette femme aux cheveux gris, à la vie grise, qui s’interroge, tout de même sur la recette du regard envoûtant des Egyptiennes.
Edouard Binet, un homme qui maquille sa vie
Il est bien différent, physiquement, du personnage créé par Georges Simenon, cet Edouard Binet, aux courbes rondes, incarné par Philippe Noiret. Rien à voir avec Elie Nagéar, le jeune homme « très mince », très séduisant, décrit dans le roman.2
Un homme tout de même envoûtant, qui séduit peu à peu Mme Baron et devient un pilier de sa maison.
Et le regard des Egyptiennes
Edouard a tapissé les murs de sa chambre de photos prises en Egypte. Sur l’une, son ancienne patronne. Une femme séduisante, aux yeux de braises, obtenus grâce au recours du « khôl » !
L’étoile du nord, en bref
Le rêve est plus intéressant que la réalité dans la pension de famille tenue par Mme Baron. Une vie sans quitter son quartier. Une vie brisée par la guerre, qui a cloué un fiancé sur un lit de douleur. Une vie sans couleur, sans fard, sans plaisir. Une vie secouée tout à coup par l’intrusion d’un homme, qui sent le mystère et les épices de l’Orient. Un homme qui apporte un peu de couleur dans un univers morose. Dommage que cet homme soit un assassin !
Bibliographie
1 https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=15875.html
2 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/un-roman-qui-sent-la-brillantine-2870/

