Giscard d’Estaing, le savonneux…

Il a l’air de glisser entre les doigts du journaliste et écrivain Jean Cau. Celui-ci le croque tout cru dans ces Croquis de mémoire, publiés en 1985.1

Dès la première ligne du portrait qu’il dresse de l’ancien Président de la République, Jean Cau, se rit de son hygiène. « Je n’ai, de ma vie, rencontré un homme, plus propre, faisant plus impeccablement propre, de mains, d’ongles, de chemise, de crâne, d’oreilles, de barbe et de tout. »

Cet homme intelligent possède visiblement bien des qualités. Mais cette propreté extrême fait tiquer Jean Cau, qui y voit un véritable défaut, un signe de faiblesse.

Un homme « trop propre », qui laisse derrière lui, de manière imagée, un « parfum délicat de savonnette ».

Cela étonne Jean Cau, qui a l’air de nous dire que, pour occuper ce genre de fonction, il ne faut pas hésiter à se mettre les mains dans le cambouis, ce qui n’a pas l’air d’être envisageable pour cet homme politique raffiné, que l’on image plus buvant une tasse de thé qu’un cric à la main !

Cela étonne Jean Cau, qui ne sent le savon, ni le matin, ni l’après-midi, pour la bonne raison qu’il ne se « lave qu’en fin de journée ».

Jean Cau utilise, enfin, pour clore le portrait de Giscard d’Estaing, son appareil à distiller. De cet alambic sort un qualificatif qui dit tout. Le président est très « intelligent mais… » !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Cau J., Croquis de mémoire, Julliard, 1985, 261 pages