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Fantômette au Pays des dentifrices !

> 22 septembre 2018

Fantômette au Pays des dentifrices !

Se replonger dans les aventures de Fantômette, c'est aussi (voire plus) efficace que d’utiliser une crème anti-âge aux vertus exceptionnelles. Sans le moindre effort, vous retrouvez, avec aisance, toutes les sensations ressenties alors que vous n’aviez qu’une huitaine d’années (Chaulet G., Fantastique Fantômette, .Hachette, 1978, 149 pages).

Ce qui est bien avec Fantômette, c’est que tout est possible. Dans la tête de Georges Chaulet, les mots s’entrechoquent et l’on ne s’étonne pas de découvrir, un pays, la Synovie, qui est dirigé par un roi du nom de Signal Ier. Le premier ministre, Karkass, est un affreux méchant, qui n’hésite pas à enlever le jeune prince Népomucène pour déstabiliser le roi régnant. Heureusement, trois petites filles, Françoise, alias Fantômette, Ficelle et Boulotte, aidées du journaliste Oeil de Lynx sont là pour rétablir l’ordre.

Il est question, de manière récurrente, de Melle Bigoudi, l’institutrice à poigne qui fait copier des lignes à la moindre incartade. On entend également parler d’« Annie Barbemolle », une chipie qui tyrannise Ficelle en lui maintenant la tête sous l’eau lors des séances de piscine.

Il est question d’un château imprenable (pour tout le monde sauf pour Fantômette), d’un « bourreau qui arrive, pour gratter le dos avec un gant de toilette, ou faire avaler de force un verre d’huile de foie de morue. »

Il est question d’une certaine Ficelle qui accumule les gaffes et ouvre le pont-levis pour faire entrer les renforts... ça c’est la théorie. En pratique, c’est l’affreux Karkass qui déboule dans la place. Fantômette ne mâche pas ses mots pour gronder l’étourdi. « Parce que Fantômette m’a passé un savon ! Elle a dit que j’avais fait une ânerie en baissant le pont-levis. »

Il est question d’une grande réception, donnée par la princesse Signalia, pour récompenser la fine équipe. « Ficelle rougit comme une fraise », « Ah ! Elles vont devenir vertes comme des concombres, ses copines, quand elle va leur expliquer qu’elle a été embrassée par une authentique princesse de contes de fées. »

Georges Chaulet nous prend la main pour nous ramener dans le monde de l’enfance, celui d’enfants nés dans les années 1960-1970. Dans ce monde, on se lave les dents avec le dentifrice Signal (celui qui se « signale » grâce à ses bandes de couleur rouge et blanche mais qui ne comporte pas encore de fluor !), on se frotte le visage et le corps au savon (le gel douche est un produit que l’on ne connaît pas encore), avec un gant de toilette ; les mamans, pour se faire jolies, posent, certains soirs, des bigoudis sur leur tête ; les instituteurs sympathiques traitent leurs élèves de « cornichons à pédale » (ça c’est du vécu - vous ne le trouverez pas dans Fantômette)... Bref, les lecteurs et les lectrices de Fantômette sont des enfants heureux, qui découvrent, avec Georges Chaulet, la belle musique des mots !






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