Entre parfum de femme-fleur et parfum de passion, le cœur du Saint ne balance guère !

Dans l’opus Le Saint et le tyran, Simon Templar (dit le Saint) est réquisitionné pour aller délivrer le Docteur Cortès, tombé aux mains du dictateur d’Escudia, un certain Innocente Borgaz, qui se fait appeler le « Protecteur » !1 En se faisant passer pour un représentant en antennes et matériels audio, Simon réussit à fixer une antenne-relais sur le toit d’une bodega, qui jouxte le palais-présidentiel. Il ne lui restera plus qu’à se laisser couler le long de celle-ci afin de pénétrer dans la place !

Une aventure qui sent l’amour, la passion et le sacrifice !

Un parfum de mystère

Alors que Simon Templar se repose au Beverly Hills Hôtel, voilà l’aventure qui frappe à sa porte. De retour d’une énième partie de golf, il découvre un titre de journal qui dégage un « parfum de mystère » auquel il ne lui sera pas possible de résister. « Nouvelle disparition à U.C.L.A », l’Université de Los Angeles. Après le Professeur Harold T. Pilby, c’est le Dr Cortès qui s’évanouit dans la nature !

Un parfum de séduction

Une fois Pilby retrouvé… il ne reste plus qu’à se mettre à la recherche de Cortès et ce pour les beaux yeux de sa fille Luisa. Il faut préciser que la jeune fille au teint mat (sa chair est « ambrée »), aux traits « purs » et à la chevelure « lustrée », d’une « noirceur laquée », ne laisse pas indifférent notre séducteur impénitent, qui raffole de son « doux parfum de femme-fleur » !

Un parfum d’aventure

C’est sous les traits du comte de Cristamonte que Simon s’embarque pour l’Escudia, en compagnie de Luisa, rebaptisée miss Louise Cutler.

Un parfum de passion

Au cours de cette aventure, Simon va se porter au secours de Pilar (la fille de Gabriel, le patron de la bodega del Castillo), une jeune fille aux cheveux « d’un noir étrange, parsemé d’or roux comme des flammes » ; une jeune fille qui est en train d’être malmenée par des miliciens, qui tentent de la violer. Tout de suite, Simon et Pilar se reconnaissent. Un « courant électrique » se met à relier les deux jeunes gens, qui tombent, immédiatement, follement amoureux.

Et un dictateur gros et gras

Il est « gros et gras » le dictateur de l’Escudia. Sa graisse est enveloppée d’un uniforme rutilant de dorures. Et sa voix est étonnante : « aiguë, ridicule, semblable à une crécelle ». Bref, un « suiffeux », un « tas de suif », qui porte à rire, mais qui ne fait pas tellement rire son peuple, tant il se montre inflexible avec ses ennemis.

Et toujours un héros aussi bronzé

Dès la première page de ce roman, dès la 12e ligne, notre héros nous est présenté comme un homme à la « peau légèrement bistrée » et aux cheveux « d’un noir de jais » ! Et puis, son « visage bronzé » (expression utilisée 2 fois), « basané » (expression employée 2 fois), sa « figure bronzée » (expression utilisée 2 fois), « brunie », ses mains « bronzées » témoignent à 8 reprises d’une addiction solaire. Oui, Simon aime bronzer et sa peau nous le dit et nous le répète à satiété.

Et un ennemi fort et calamistré

Cet homme puissant, qui est l’âme damnée de Borgaz, a des cheveux « calamistrés » (adjectif employé 3 fois) et d’un noir « de jais », se nomme Valdinez. Puissant comme un taureau, il va donner du fil à retordre à Simon.

Le Saint et le tyran, en bref

Il est pris entre la douce Luisa, au parfum de femme-fleur et la voluptueuse Pilar, au parfum de passion. Il repartira seul notre héros aux traits bronzés, car Pilar a reçu une balle en plein cœur, alors qu’elle cherchait à le protéger ! Bien sûr, le dictateur Borgaz est éliminé. Bien sûr, le Dr Cortès est libéré. Mais le prix de tout cela… c’est Pilar qui l’a payé et au prix fort encore.

Pour une fois, Simon a eu besoin de l’aide d’une femme pour arriver à ses fins ! Il a rendu leur liberté aux Escudiens et permis au Dr Cortès de prendre la place de l’affreux tyran. Il peut, maintenant, retourner à ses parties de golf ! Avec un cœur, toutefois, un peu saignant… La belle Pilar va lui manquer terriblement !

Bibliographie

1 Charteris L., Le Saint et le tyran, Librairie Arthème Fayard, 1959, 188 pages