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Double sérum Clarins, quel salmigondis !

> 24 octobre 2018

Double sérum Clarins, quel salmigondis !

Des promesses, des promesses fabuleuses même

« Double sérum – 21 extraits de plantes pour le plus puissant de nos concentrés anti-âge ».1 Avouez que, comme argumentaire marketing, c’est drôlement tentant ! Quand on se rend compte ensuite qu’il va valoir débourser 86 € pour acquérir les précieux 30 mL, on a encore plus envie que ça marche !!!

Sur le site de la marque Clarins, on apprend aussi que ce produit merveilleux est capable de stimuler « les 5 fonctions vitales de la peau ».1 On n’en attendait pas moins… On va quand même de surprise en surprise quand on apprend que nos « cellules écoutent ».1 Point n’avions connaissance que nos kératinocytes (les cellules de l’épiderme) étaient munis de petites ou grandes oreilles !

De l’eau, que de l’eau

Comme à notre habitude, nous allons passer rapidement à l’analyse de cette formule pour savoir s’il s’agit bien d’un sérum vraiment différent des autres… Eh bien… pas du tout ! Ce sérum ressemble comme… deux gouttes d’eau à tous ces concurrents : il est majoritairement composé d’eau !2 On trouve ensuite des esters gras (isononanoate de cétéaryle et d’isononyle) à vertus émollientes, des humectants (glycérine, pentylène-glycol, butylène-glycol…), un conservateur antimicrobien, le phénoxyéthanol qu’il est intéressant de repérer car la réglementation européenne ne l’autorise qu’à concurrence de 1 %. On en déduira donc que la grande majorité des extraits de plantes se trouve à doses plus ou moins homéopathiques… Pourtant, il nous est clairement annoncé qu’il s’agit du « plus puissant » des concentrés anti-âge de la marque… c’est dire pour les autres produits…

Mais où se cachent les 21 extraits de plantes ?

Avec conscience et méthode, nous avons recherché les 21 extraits de plantes annoncés. Nous n’en avons trouvé que 20… nous ne savons pas où se cache le petit dernier annoncé…

Le premier que l’on rencontre est l’extrait de cardère sauvage (Dipsacus sylvestris). On trouve peu de chose sur l’intérêt de cette plante, si ce n’est une activité antimicrobienne vis-à-vis de Borrelia burgdorferi.3

Le deuxième correspond à de l’huile de graines de chardon-marie (Silybum marianum) étudiée en tant que substance hépato-protectrice.4

Le troisième que l’on rencontre dans la liste des ingrédients est le quinoa (Chenopodium quinoa). Ce dernier est connu comme source de nutriments et pour sa richesse en saponines. Des propriétés anti-inflammatoires ont pu être mises en évidence.5

Quoi dire de l’extrait d’avoine (Avena sativa) ? Pas grand-chose, puisqu’on ne connait pas ce que contient cet extrait. Cet actif utilisé autrefois dans l’eau du bain pour adoucir la peau est la marque de fabrique des produits A-Derma. Un effet protecteur de la barrière cutanée est reconnu pour les extraits lipidiques d’avoine.

Puis vient l’extrait de cacao (Theobroma cacao). Des propriétés antioxydantes ont été prouvées. Toutefois, on sait que les molécules actives – flavanols et proanthocyanidines – sont présentes en concentrations variables selon le traitement subi par la cabosse.7

L’extrait d’edelweiss (Leontopodium alpinum) sert en médecine traditionnelle comme anti-inflammatoire. Parmi les principes actifs identifiés, on trouve l’acide léontopodique. Une utilisation possible d’extraits d’edelweiss dans des affections inflammatoires cutanées semble possible.8

Il est aussi difficile de parler de l’insaponifiable d’avocat (Persea gratissima) que de l’extrait d’avoine !9 En effet, il est incontestable que le recours à ce type d’ingrédient est intéressant en tant qu’émollient, mais à cette dose, comment espérer avoir ce type d’effet ?

L’on va s’intéresser un peu plus à l’extrait de curcuma (Curcuma longa) car celui-ci est particulièrement mis en avant par la marque Clarins. Il nous est précisé que cet extrait est concentré à 65 % en turmérone. La turmérone, composé majeur du curcuma, est douée de nombreuses propriétés : anti-inflammatoires, antimicrobiennes, antifongiques, hépatoprotectrices et même antitumorales.10,11 Sur la peau… rien à déclarer, étonnant !

Et voilà un extrait de banane (Musa sapientum). Bien sûr, on connaît la banane en dessert ou au goûter. On la connaissait moins dans les cosmétiques… et finalement, il y avait une raison à cela. Dans la littérature scientifique, on trouve très peu de choses sur la banane, si ce n’est référence à des activités peu spécifiques comme antioxydantes ou anti-inflammatoires12

L’extrait de salicorne (Salicornia herbacea) n’a pu qu’attirer notre attention, en raison de notre proximité géographique avec les marais salants de Guérande. En effet, la salicorne est une plante halophile, caractérisée par une forte concentration en minéraux.13 

De retour dans la corbeille de fruits, voilà l’extrait de kiwi (Actinidia chinensis). Ici, c’est très clair, c’est la vitamine C qui est intéressante et le kiwi en contient entre 29 et 80 mg/100 g de poids frais.14 Mais ici, il s’agit d’un extrait de kiwi… mais ici, l’extrait est présent à moins de 1 %... N’insistons pas, vous avez compris.

De la corbeille de fruits, nous sautons dans le pot de fleur posé sur la table du salon de la vieille dame. Le kalanchoé (Kalanchoe pinnata) Crassulacée bien commune chez les fleuristes a une composition sans originalité particulière. On retrouve, en effet, des polyphénols, responsables d’une activité antioxydante.15

Après la table de la grand-mère, un peu d’exotisme et c’est le thé de brousse (Myrothamnus flabellifolia) qui nous en fournit… En Afrique du sud, les feuilles sont utilisées traditionnellement dans le domaine bucco-dentaire du fait de son action vis-à-vis d’une bactérie anaérobie à Gram négatif, Porphyromonas gingivalis.16

Et voilà le lyciet de Barbarie (Lycium barbarum) ! Le grand public connaît sûrement davantage l’appellation « baies de Goji ». Parmi les composants majeurs de cette plante, utilisée en médecine traditionnelle chinoise, on trouve des caroténoïdes, des flavonoïdes et des polysaccharides (rien de bien spécifique donc !)17 Ce qui peut paraître préoccupant est la mise en évidence récente d’un potentiel sensibilisant important.18

Maintenant la détox… L’orthosiphon, une plante des zones humides de Java et de certaines régions d’Inde et d’Australie, est utilisé pour ses propriétés diurétiques !19 Nous sommes donc très loin de la peau, nous direz-vous. Mais ouf, en 2011, une inhibition de la 5-alpha-réductase, par un extrait de feuilles d’orthosiphon a pu être mise en évidence, in vivo, ainsi qu’une amélioration de l’apparence des peaux grasses observée à la dose de 2 % dans une émulsion huile dans eau (patatras, ici nous sommes à moins – beaucoup moins, sûrement – de 1 % !)20

La pharmacologie d’Edychium coronarium est manifestement copieuse, puisqu’on lui reconnaît des propriétés antioxidantes, antibactériennes, antifongiques, anti-allergiques, larvicides, anthelminthiques, analgésiquesantiinflammatoires, anti-urolithiatiques, anti-angiogéniques, fibrinogénolytiques, coagulantes et hépatoprotectrices (arrêtez la cour est pleine !)… mais aussi cytotoxiques !21 C’est très complet et très varié… mais pas grand-chose à voir avec la peau… 


On ne présente plus la mangue qui paraît avoir la cote, depuis quelques années, auprès de l’industrie cosmétique. Toutes les parties du manguier (feuilles, fleurs, écorce, fruit, pulpe, graines), cet arbre qui pousse dans de nombreuses parties du monde, mais particulièrement en zone tropicale, peuvent être utilisées.22 Ici, il s’agit d’un extrait de feuille auquel on a eu recours. Peu d’applications cutanées sont connues. Seules des propriétés antioxydantes23 d’extraits fermentés ont pu être mises en évidence… mais attention à un pouvoir sensibilisant qui n’est pas à négliger !24

Peut-être étions-nous restés trop longtemps sur le plancher des vaches, alors voici un extrait de janie rouge (Jania rubens), une algue rouge que l’on retrouve aussi bien dans l’Océan Atlantique, qu’en Méditerranée, mais aussi dans la mer des Caraïbes, l’Océan Indien ou encore l’Océan Pacifique Ouest. On reconnaît des propriétés antimicrobiennes à certains de ses extraits, activité à mettre en lien avec des composés volatils tels que le n-docosane, le n-eicosane et le n-tetratriacontane.25 Il conviendra d’être particulièrement vigilant quant aux zones où seront récoltées les algues car des études ont montré des concentrations en contaminants comme le plomb, non négligeables.26

Retour sur terre ou plutôt dans les airs, si l’on se retrouve au sommet du grand arbre qu’est Engelhardtia chrysolepis. Cela veut dire aussi que nous sommes, en ce moment, à Sumatra ou à Bornéo, peut-être en Inde ou en Malaisie… On ne trouve, malheureusement, aucune étude faisant état d’un quelconque effet bénéfique pour la peau ! On trouve en revanche référence à un effet antioxydant lié à la présence de dihydroflavonols.27

Le même type de commentaires peut être fait concernant l’extrait de callicarpe (Callicarpa japonica) qui possède le joli nom vernaculaire d’herbe aux bonbons ! On remarquera que l’on ne nous donne pas beaucoup de précisions sur l’extrait en question… En tout état de cause, la littérature scientifique fait mention d’activités antiinflammatoires et antimicrobiennes.28,29

Nous avons terminé l’étude de ce salmigondis ! Même Paul Verlaine n’aurait pas retrouvé ses petits dans cette accumulation d’extraits faite sans idée directrice… Nous qui aimons les formules courtes, merci qui ? Merci Clarins !

Composition

Double serum Clarins : AQUA/WATER/EAU. CETEARYL ISONONANOATE. GLYCERIN. ISONONYL ISONONANOATE. CAPRYLIC/CAPRIC TRIGLYCERIDE. PENTYLENE GLYCOL. PPG-3 MYRISTYL ETHER. ETHYLENE/PROPYLENE/STYRENE COPOLYMER. DIPSACUS SYLVESTRIS EXTRACT. BUTYLENE GLYCOL. PARFUM/FRAGRANCE. PHENOXYETHANOL. PROPANEDIOL. TROMETHAMINE. SILYBUM MARIANUM SEED OIL. CARBOMER. TOCOPHERYL ACETATE. ESCIN. CHENOPODIUM QUINOA SEED EXTRACT. ETHYLHEXYLGLYCERIN. SQUALANE. AVENA SATIVA (OAT) KERNEL EXTRACT. THEOBROMA CACAO (COCOA) EXTRACT. BUTYLENE/ETHYLENE/STYRENE COPOLYMER. LEONTOPODIUM ALPINUM EXTRACT. XANTHAN GUM. PERSEA GRATISSIMA (AVOCADO) OIL UNSAPONIFIABLES. CARAMEL. CURCUMA LONGA (TURMERIC) ROOT EXTRACT. SALICYLOYL PHYTOSPHINGOSINE. MUSA SAPIENTUM (BANANA) FRUIT EXTRACT. SALICORNIA HERBACEA EXTRACT. ACTINIDIA CHINENSIS (KIWI) FRUIT EXTRACT. KALANCHOE PINNATA LEAF EXTRACT. SODIUM BENZOATE. CITRIC ACID. MYROTHAMNUS FLABELLIFOLIA LEAF/STEM EXTRACT. DISODIUM EDTA. TOCOPHEROL. LYCIUM BARBARUM FRUIT EXTRACT. MALTODEXTRIN. ORTHOSIPHON STAMINEUS EXTRACT. HEDYCHIUM CORONARIUM ROOT EXTRACT. MANGIFERA INDICA (MANGO) LEAF EXTRACT. POTASSIUM SORBATE. PENTAERYTHRITYL TETRA-DI-T-BUTYL HYDROXYHYDROCINNAMATE. JANIA RUBENS EXTRACT. ASCORBIC ACID. SODIUM CITRATE. ENGELHARDTIA CHRYSOLEPIS LEAF EXTRACT. CI 14700/RED 4. CALLICARPA JAPONICA FRUIT EXTRACT [V2925A]

 

Bibliographie

1 https://www.clarins.fr
2 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/les-serums-que-d-eau-que-d-eau-95/
3 Liebold T, Straubinger RK, Rauwald HW. Growth inhibiting activity of lipophilic extracts from Dipsacus sylvestris Huds. roots against Borrelia burgdorferi s. s. in vitro. Pharmazie. 2011 66 (8) 628-630.
4 Fehér P, Ujhelyi Z, Vecsernyés M, Fenyvesi F, Damache G, Ardelean A, Costache M, Dinischiotu A, Hermenean A, Bácskay I. Hepatoprotective effects of a self-micro emulsifying drug delivery system containing Silybum marianum native seed oil against experimentally induced liver injury. Pharmazie. 2015 Apr;70(4):231-8.

5 Yao Y, Yang X, Shi Z, Ren G. Anti-inflammatory activity of saponins from quinoa (Chenopodium quinoa Willd.) seeds in lipopolysaccharide-stimulated RAW 264.7 macrophages cells. 
J Food Sci. 2014 May;79(5):H1018-23. 

6 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/a-derma-un-bon-produit-de-protection-solaire-241/ 

7 Ioannone F, Di Mattia CD, De Gregorio M, Sergi M, Serafini M, Sacchetti G. Flavanols, proanthocyanidins and antioxidant activity changes during cocoa (Theobroma cacaoL.) roasting as affected by temperature and time of processing. Food Chem. 2015 May 1;174:256-62.
8 Daniela L, Alla P, Maurelli R, Elena D, Giovanna P, Vladimir K, Roberto DT, Chiara de L, Saveria P, Liudmila K. Anti-inflammatory effects of concentrated ethanol extracts of Edelweiss (Leontopodium alpinumCass.) callus cultures towards human keratinocytes and endothelial cells. Mediators Inflamm. 2012;2012:498373. doi: 10.1155/2012/498373.
9 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/l-avocat-plaidoyer-pour-un-fruit-qui-possede-plus-d-un-argument-dans-sa-manche-813/
10 Cheng SB1, Wu LC, Hsieh YC, Wu CH, Chan YJ, Chang LH, Chang CM, Hsu SL, Teng CL, Wu CC. Supercritical carbon dioxide extraction of aromatic turmerone from Curcuma longa Linn. induces apoptosis through reactive oxygen species-triggered intrinsic and extrinsic pathways in human hepatocellular carcinoma HepG2 cells. J Agric Food Chem. 2012 Sep 26;60(38):9620-30.
11 Aggarwal BB1, Yuan W, Li S, Gupta SC. Curcumin-free turmeric exhibits anti-inflammatory and anticancer activities: Identification of novel components of turmeric. Mol Nutr Food Res. 2013 Sep;57(9):1529-42.
12 Phuaklee P, Ruangnoo S, Itharat A. Anti-inflammatory and antioxidant activities of extracts from Musa sapientum peel. J Med Assoc Thai. 2012 Jan;95 Suppl 1:S142-6.
13 A. Alliot, M. Piron-Frenet, Coiffard Variations temporelles de la composition hydro-minérale des salicornes et de leurs substrats. Bull Soc Sc Nat Ouest France, 1991, 4 (13) 12-17
14 Nishiyama I, Yamashita Y, Yamanaka M, Shimohashi A, Fukuda T, Oota T. Varietal difference in vitamin C content in the fruit of kiwifruit and other actinidia species. J Agric Food Chem. 2004;52(17):5472-5.
15 Nascimento LB, Leal-Costa MV, Coutinho MA, Moreira Ndos S, Lage CL, Barbi Ndos S, Costa SS, Tavares ES. Increased antioxidant activity and changes in phenolic profile of Kalanchoe pinnata (Lamarck) Persoon (Crassulaceae) specimens grown under supplemental blue light. Photochem Photobiol. 2013;89(2):391-9. 
16 Löhr G1, Beikler T, Podbielski A, Standar K, Redanz S, Hensel A. Polyphenols from Myrothamnus flabellifolia Welw. inhibit in vitro adhesion of Porphyromonas gingivalis and exert anti-inflammatory cytoprotective effects in KB cells. J Clin Periodontol. 2011 May;38(5):457-69.
17 Jiang LF. Preparation and antioxidant activity of Lycium barbarum oligosaccharides. Carbohydr Polym. 2014 Jan;99:646-8.
18 Carnés J, de Larramendi CH, Ferrer A, Huertas AJ, López-Matas MA, Pagán JA, Navarro LA, García-Abujeta JL, Vicario S, Peña M. Recently introduced foods as new allergenic sources: sensitisation to Goji berries (Lycium barbarum). Food Chem. 2013 Apr 15;137(1-4):130-5.
19 Dorvault F. L'Officine. Ed. Vigot, 1996
20 Vogelgesang B, Abdul-Malak N, Reymermier C, Altobelli C, Saget J. On the effects of a plant extract of Orthosiphon stamineus on sebum-related skin imperfections. Int J Cosmet Sci. 2011;33(1):44-52.
21 Chan EW, Wong SK. Phytochemistry and pharmacology of ornamental gingers, Hedychium coronarium and Alpinia purpurata: a review. J Integr Med. 2015 ;13(6):368-79.
22 Jahurul MH, Zaidul IS, Ghafoor K, Al-Juhaimi FY, Nyam KL, Norulaini NA, Sahena F, Mohd Omar AK. Mango (Mangifera indica L.) by-products and their valuable components: a review. Food Chem. 2015;183:173-80.
23 Park A, Ku T, Yoo I. Antioxidant properties of fermented mango leaf extracts. J Cosmet Sci. 2015;66(1):1-13.
24 Calvert ML, Robertson I, Samaratunga H. Mango dermatitis: allergic contact dermatitis to Mangifera indica. Australas J Dermatol. 1996;37(1):59-60.
25 Karabay-Yavasoglu NU, Sukatar A, Ozdemir G, Horzum Z. Antimicrobial activity of volatile components and various extracts of the red alga Jania rubens. Phytother Res. 2007;21(2):153-6.
26 Laib E, Leghouchi E. Cd, Cr, Cu, Pb, and Zn concentrations in Ulva lactuca, Codium fragile, Jania rubens, and Dictyota dichotoma from Rabta Bay, Jijel (Algeria). Environ Monit Assess. 2012;184(3):1711-8.
27 Haraguchi H, Mochida Y, Sakai S, Masuda H, Tamura Y, Mizutani K, Tanaka O, Chou WH. Protection against oxidative damage by dihydroflavonols in Engelhardtia chrysolepis. Biosci Biotechnol Biochem. 1996;60(6):945-8.
28 Shin NR, Shin IS, Song HH, Hong JM, Kwon OK, Jeon CM, Kim JH, Lee SW, Lee JK, Jin H, Li WY, Oh SR, Hahn KW, Ahn KS. Callicarpa japonica Thunb. reduces inflammatory responses: a mouse model of lipopolysaccharide-induced acute lung injury. Int Immunopharmacol. 2015;26(1):174-80.
29 Kim YS, Shin DH. Volatile constituents from the leaves of Callicarpa japonica Thunb. and their antibacterial activities. J Agric Food Chem. 2004;52(4):781-7.






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