Des lèvres pourpres, un signe de tuberculose ou de rouge à lèvres ?

Une mère-poule, qui ne veut pas que ses poussins quittent le nid. Un gendre, qui fait une crise d’épilepsie et donne à la mère-poule l’occasion de réunir ses poussins… voilà en deux mots l’histoire contée par Georges Simenon dans son roman Le haut mal. 1

Et tout cela finit mal, car tout finit par se savoir…

Françoise Pontreau

Une femme de tête, aux cheveux gris strictement coiffés et à la peau blanche.

Une femme de raison, qui perd la raison, qui perd la tête et balance son gendre par une lucarne, alors que celui-ci fait une crise d’épilepsie.

Jean Nalliers

L’époux de Gilberte Pontreau est un homme de 28 ans, qui souffre d’épilepsie et peine à faire fonctionner la ferme dont il est le patron. Sa belle-mère le juge incapable et se débarrasse de lui à la première occasion.

Le vieux Nalliers

Le père de Jean est maigre et roux de poils. Lorsqu’il se fait beau, il use d’un fixateur pour cheveux assez spécial. Ses « cheveux » sont « poisseux de cosmétique » !

Gilberte Nalliers

La femme de Jean, une fille Pontreau est une jeune femme toute en rondeur, au « teint coloré » et à la « chair drue ».

La mort de Jean l’a anéantie, au point que, désormais, elle se laisse couler !

Geneviève Pontreau

Une jeune fille qui travaille chez un libraire de La Rochelle. Une jeune fille qui se fait raccompagner par un jeune homme (il s’agit d’Albert Leloir), le soir, après le travail et qui se laisse embrasser dans une encoignure.

Une jeune fille qui maquille ses lèvres pour plaire à son fiancé ; une jeune fille qui intrigue sa mère, qui lui trouve les « lèvres trop pourpres » pour être naturelles. Ne serait-ce pas un signe de tuberculose ? Ou tout simplement un signe de coquetterie. Françoise Pontreau interroge : « Tu as encore mis du rouge à tes lèvres ? »

Bingo ! Françoise a tout compris… « Et par surcroît ce rouge, sous les baisers d’Albert, s’était étendu. » Bon… On voit la scène. Françoise sévère, rigide et Geneviève, toute enamourée, le visage barbouillé !

Hermine Pontreau

L’aînée des sœurs se prénomme Hermine et a 30 ans. Le portrait de sa mère… en plus jeune !

Gérard Noirhomme

Il est jeune (25 ans), il est beau ; il est tatoué de multiples fois (« des tatouages bleus apparaissaient sur sa peau brunie » ; « un grand garçon de 25 ans, aux manches de chemise retroussées sur des poignets tatoués » ; avec un tatouage sur la poitrine qui représente « une charmeuse de serpents »). Par-dessus le marché, il est fainéant ; il a fait parler la mère Naquet, qui a tout vu. Et il a l’air de vouloir faire chanter Mme Pontreau.

Mme Naquet

La bonne, embauchée pour les moissons, a tout vu. Elle s’imagine qu’elle va pouvoir faire chanter Mme Pontreau et rêve de faire fortune au point de ne plus regarder à la dépense et d’acheter du « savon » « supérieur » pour sa « lessive » !

Et des odeurs variées

Chez les Pontreau, une « douce » odeur ; chez le médecin « l’odeur des médicaments » !

Le haut mal, en bref

Elle est toxique, cette mère-poule, qui asphyxie ses filles. La seule rescapée sera celle qui prendra la fuite au bras d’Albert. Geneviève quitte le foyer familial et part au Gabon avec celui qui est devenu son époux. Ouf, Geneviève a sauvé sa peau, contrairement à Hermine et à Gilberte. Comme quoi un simple trait de rouge à lèvres suffit parfois pour changer son destin !

Un grand merci à Jean-Claude Albert Coiffard pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Simenon G., Le haut mal, Le monde Ed, 2025, 205 pages