Définition de la peau sensible par le Dr Tintin… en 1935 !

En Inde, Tintin vit une vie paisible auprès de ses nouveaux amis. Tout dérape lorsqu’un messager chinois demande à le rencontrer. Il est porteur d’un message important pour lui, mais ne parvient qu’à prononcer le nom de Mitsuhirato, avant de sombrer dans la folie, atteint par une fléchette empoisonnée. Tintin est attendu à Shangaï.1 Pourquoi ? Impossible de le savoir !

Un fakir à la peau très sensible

Tintin vit une vie pleine de douceur et de quiétude chez son ami le maharadjah de Rawhajpoutalah. Il y rencontre un fakir aux capacités extraordinaires (il marche sur du verre, faire l’équilibriste sur un clou, transperce sa peau avec des poignards), mais sa sensibilité cutanée est peu commune, puisque le simple contact d’un coussin lui arrache des cris de douleur.

Hergé se montre ici précurseur en ce qui concerne cette notion de peau sensible, puisque celle-ci n’a été évoquée, dans la littérature scientifique, qu’à partir de 1947, date à laquelle le dermatologue Howard Maibach présente ce syndrome clinique dans une publication.2

Un Tintin au cerveau très solide

Tombé entre les mains de Mitsuhirato, le pauvre Tintin, ficelé sur une chaise, se voit injecter le radjaïdjah, le poison qui rend fou. Heureusement, le serviteur de Monsieur Wang, le chef des Fils du Dragon, une confrérie qui lutte contre le crime organisé, a remplacé le flacon de poison par un flacon rempli d’eau. Tintin joue pourtant la comédie pour donner le change et donne l’illusion du parfait fou à lier.

Il est à noter que Tintin va réussir à retrouver le professeur Fan Se Yeng, seul scientifique capable de mettre au point un contre-poison permettant d’annuler les effets du radjaïdjah ! Bonne nouvelle !

Un Tintin au caractère impossible

Déguisé en général de garnison chinois, Tintin se montre d’une dureté terrible à l’égard de ses subordonnés, « 4 jours d’arrêt » pour une peau mal rasée.

Un Rastapopoulos à la peau tatouée

Il est question d’une bande de trafiquants d’opium dans cet opus. Tout un réseau à la tête duquel se trouve un certain Rastapopoulos, individu, se présentant comme un producteur de cinéma. Il a « le signe du Pharaon Kih-Oskh », tatoué sur l’avant-bras. Stupeur de Tintin !

Le lotus bleu, en bref

Il est habile ce jeune reporter, qui arrive à démanteler un réseau de trafiquants en moins de deux. Il est courageux, ce reporter qui sauve un jeune Chinois (Tchang) de la noyade et lui offre une famille d’adoption (celle de M. Wang) ! Il est malin, cet Hergé, qui arrive à être plus fort que les dermatologues de son temps et à les battre à plat de couture sur le terrain de la sensibilité cutanée !

Bibliographie

1 Hergé, Le lotus bleu, Casterman, 1979, 61 pages

2 Buhé V, Vié K, Guéré C, Natalizio A, Lhéritier C, Le Gall-Ianotto C, Huet F, Talagas M, Lebonvallet N, Marcorelles P, Carré JL, Misery L. Pathophysiological Study of Sensitive Skin. Acta Derm Venereol. 2016 Mar;96(3):314-8