Dans le bain avec Simon, sous la douche avec Templar !
L’ouvrage Encore le Saint, paru en 1964, nous propose de suivre le héros dans le quotidien de ses aventures.1 L’occasion de le voir se maquiller pour s’enlaidir, de le voir voler au secours des belles jeunes femmes, de le voir succomber à la tentation d’un très gros diamant… L’occasion de le surprendre, bien malgré nous, en tenue d’Adam dans sa salle de bains.
Savon ou syndet ? Gant de toilette ou fleur de douche ? Bain chaud ou douche glacé… On découvrira tout sur les préférences de notre héros !
Le Saint s’occupe d’exportation
Simon Templar nous est présenté, ici, comme un homme à la « figure lisse et tannée » et aux « gais yeux bleus ».
Un dur de dur
Simon Templar est bien décidé, dans cette courte nouvelle, à rançonner un gangster du nom de Max Kemmler. Pour arriver à ses fins, le bel homme se métamorphose. Son teint frais est transformé en un « teint rouge brique », grâce à l’application d’une bonne couche de « maquillage ».
Un curieux baron
Simon Templar livre à la police sur un plateau l’horrible voleur de bijoux, surnommé le Renard. Ce gangster, qui prend parfois l’identité du baron Von Dortvenn, a eu la mauvaise idée de parler sèchement à sa charmante compagne, une jeune femme blonde, franchement jolie. Des larmes naissent dans les yeux de la jeune femme, qui est obligée de se repoudrer pour réparer les dégâts cosmétiques occasionnés (elle sort alors de son sac « une microscopique houppette »). Et Simon, qui n’aime pas que l’on parle mal aux dames, se lance aux trousses du goujat… il ne le lâchera qu’une fois remis aux mains de la police.
Le Bouddha de cuivre
Simon Templar a passé sa soirée avec Sir Ambrose Grange… un homme qui l’a saoulé de paroles… Quel dommage pour lui, Simon va lui faire passer l’envie de briller en société… Il l’a juré et s’il n’y parvient pas, il fait le « vœu de ne plus prendre de bain pendant 6 ans. »
Une escroquerie nouvelle
Pour le coup, Simon Templar est secondé par Ruth Eden, une jeune femme qui ne perd jamais une occasion pour « rectifier son maquillage » ! Le résultat, un beau duo de crapules livré pieds et poings liés à la police.
Un baiser à 5000 livres
C’est par le biais d’un accident frontal survenu dans Hyde Park, que Simon Templar rentre en contact avec la richissime Gertrud Dempster-Craven. Une femme qui envoie à sa victime (mais est-ce vraiment lui la victime ?) une invitation à une soirée mondaine, dans une « enveloppe mauve et parfumée » et qui se fait faucher son diamant en un rien de temps… C’est évidemment Simon qui a fait le coup !
Le marchand d’oseille
Encore un beau coup au profit de Simon Templar, qui pompe un beau paquet d’oseille au gangster nommé Benny Lucek. Pour l’approcher, Simon Templar sort toute sa panoplie de pauvre hère et réalise, devant Patricia Holm, « un de ces chefs-d’œuvre de maquillage dont il avait seul le secret ». A l’aide de produits cosmétiques, Simon est bien décidé à… s’enlaidir ! Il fait apparaitre tout un jeu d’ombres sur son visage, des poches sous les yeux, des « rides » un peu partout… Ainsi transformé, Simon peut rencontrer Benny, sans attirer l’attention. Et une fois le travail effectué, il « efface son maquillage » et remet son costume nickel… Le voilà, à nouveau, « plus impeccable et charmant que jamais » !
Le talon d’Achille
Simon Templar risque fort de bien s’entendre avec Inwood, un chimiste génial. Celui-ci a inventé le premier effaceur d’encre. Il a placé le fruit de sa recherche dans un « tube doré ressemblant à un étui à rouge à lèvres ». Lorsque Simon retire le capuchon de ce qu’il croit être un produit de beauté, le voilà, face à face, avec un drôle de « crayon blanc extérieurement » et muni d’une pointe « rose » ! On se doute qu’avec ce genre d’inventions entre les mains, le Saint risque fort de piéger plus d’un type.
Une conclusion inattendue
On en est presque gênées… car, dans cette dernière nouvelle, on surprend Simon Templar dans l’intimité de sa salle de bains. Il aime visiblement les bains très chauds. Et utilise un « savon », pour se frotter « lentement les jambes » ! Il prend son temps… Utilise une « éponge enduite de savon sur son torse et ses épaules », avant de se rincer en s’immergeant dans l’eau. Il discute avec son ami Peter Quentin, en effectuant toutes ses ablutions. Puis, il se lève brusquement (Oups !!) et tourne le robinet « de douche froide », avec l’idée de tonifier sa peau, durant « quelques secondes », sous une « pluie glacée ». Comme un grand enfant, Simon rit à gorge déployée, sous l’effet de l’eau froide (il laisse éclater une joie « toute païenne »), puis il sort de sa baignoire et se passe une serviette autour des reins, avant d’allumer une cigarette. Voilà… On sait tout sur les habitudes d’hygiène du Robin des bois des temps modernes.
Encore le Saint, en bref
Simon Templar partage, dans cet opus, une partie de sa vie d’aventurier. Chaque rencontre est l’occasion de s’enrichir ou de livrer à la police des gangsters sans moralité (rien à voir avec Simon, un voleur aussi, mais qui a développé une morale qui est propre à lui) ! En quelque sorte, l’hygiène du gentleman-cambrioleur !
Bibliographie
1 Charteris L., Encore le Saint, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1964, 190 pages

