Nos regards
Ce matin à l’unité Phileas Fogg, on lance le projet socio-esthétique 2019/2022

> 08 février 2019

Ce matin à l’unité Phileas Fogg, on lance le projet socio-esthétique 2019/2022

A deux pas du musée Jules Verne (qui rouvre ses portes aujourd’hui, date anniversaire de l’auteur), boulevard Saint-Aignan, à Nantes, ce matin, nous étions réunis pour un voyage qui va durer beaucoup plus longtemps que 80 jours !


Ce voyage ressemble un peu au pari fait par le personnage central du roman de Jules Verne. Laurence Coiffard (professeur à la faculté de pharmacie de Nantes), Rachel Bocher (psychiatre au CHU de Nantes) et Véronique Lainé (PDG de la société Rivadis et mécène de l’action) ont pris place avec Marie Orieux et Adriane Navarro, socio-esthéticiennes, sur le bateau qui va les emmener pour une croisière de plus de 1000 jours et ce grâce à la Fondation de l’Université de Nantes représentée par Frédérique Pinson. Le pari qu’ont fait les passagers de ce navire est un pari audacieux. Il s’agit de mettre en place des tests d’objectivation permettant l’évaluation du bénéfice lié à la socio-esthétique.


Pour Rachel Bocher, la prise en charge du patient psychiatrique doit être multidisciplinaire. Outre l’arsenal thérapeutique classique, toutes les portes doivent être poussées afin d’atteindre la personne blessée. L’art est bien sûr un moyen d’unifier ce qui ne l’est plus. La socio-esthétique en permettant de poser un autre regard sur le visage, le corps, est également un bon moyen de prise en charge. Comme la mère qui pose un regard aimant sur son enfant, le jeune ou l’adulte doit être capable de poser son regard sur lui-même. Poser une touche de maquillage peut paraître bien futile pour la majorité des gens ; la socio-esthéticienne qui maquille et apprend à se maquiller à la personne en détresse ne fait pourtant pas un acte futile.


Pour Laurence Coiffard, le lancement de ce deuxième projet de socio-esthétique à Nantes est un moment très attendu. Il est le point final d’un travail administratif attaché à ce type d’action et le point de départ à une action pleine de sens. En permettant la réalisation de soins esthétiques en psychiatrie à Nantes et en gériatrie à Machecoul et en construisant un programme de recherche basé sur l’évaluation de l’efficacité des soins esthétiques, elle regarde à l’horizon et souhaite apporter la preuve scientifique de l’intérêt de cette discipline au sein de l’équipe hospitalière.


Pour Véronique Lainé, le financement de cette action est une évidence. Rivadis est une entreprise familiale qui a débuté son activité autour du berceau du nouveau-né dans les années 1970 ; elle se retrouve toujours à l’heure actuelle au chevet des jeunes mamans (présence des produits Rivadis dans 50 % des maternités françaises). L’activité s’est étendue rapidement aux produits de soin, aux produits de maquillage et participent au confort des aînés, en fin de vie (soin de nursing). Cette entreprise dont le site de fabrication est situé à Thouars possède son siège social quai Marcel Sembat, à Nantes, au bord de la Loire. Véronique Lainé résume l’ADN de la marque Rivadis en quelques mots : audace, exigence, bienveillance… Ces mots caractérisent la volonté de produire des cosmétiques de qualité répondant à un cahier des charges précis. Non, les cosmétiques ne sont pas futiles lorsqu’ils permettent d’aider à se reconstruire. Oui, il est audacieux, de vouloir leur voir jouer un rôle dans la prise en charge du bien-être des malades. Véronique Lainé avec infiniment de bienveillance nous fait part de sa totale adhésion au projet et souhaite s’investir pleinement dans le suivi des actions réalisées.


Pour Marie Orieux et Adriane Navarro, socio-esthétique rime avec « écoute », « bienveillance », « toucher non médicalisé ». En collaboration avec l’équipe soignante, Marie et Adriane pratiquent des soins apaisants et apportent un moment de douceur inégalable.


Oui le pari que font Rachel Bocher, Laurence Coiffard et Véronique Lainé est un pari audacieux. Mais dans la ville qui fait dire à André Breton « Nantes : peut-être, avec Paris, la seule ville de France où j'ai l'impression que peut m'arriver quelque chose qui en vaut la peine », il est tentant d’être audacieux et de croire, l’espace de 1000 jours, qu’il est possible d’améliorer les choses et de déverser goutte à goutte un peu de bonheur au sein des services hospitaliers.


Merci aux équipes hospitalières, aux collègues de la Faculté de Pharmacie de Nantes, particulièrement Mmes Céline Couteau (à qui l’on doit ce résumé de la matinée) et Aurore Zalouk et à M. Christos Roussakis, ainsi qu'à Eva Paparis (à qui l'on doit hiver comme été les valeurs d'indice de protection soalire que nous diffusons !) qui ont pris un peu de leur temps ce matin pour venir « officiellement » lancer ce grand projet.






Retour aux regards