Bronzage et sieste, les vacances rêvées du Saint ?

C’est à Cannes que Simon Templar, alias Le Saint, retrouve son ennemie mortelle Greta Morgan.1 La sublime rousse, qui a mouillé l’ancre dans le port, y détrousse des millionnaires de leurs tableaux de maître et tente de mettre ses crimes sur le dos de celui qu’elle cherche, tour à tour, à abattre ou à séduire. Une fois de plus, le Saint va contrecarrer les plans de sa belle ennemie, en abattant son atout charme sur le plateau de jeu.

Bronzage, parfums lourds, soirées de la jet-set, lingots d’or et toiles de maître… tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce roman le parfait roman du vacancier sur sa chaise longue !

Le parfum de la Croisette

Tout n’est que luxe et parfums capiteux dans la belle station cannoise. Les boutiques de luxe affichent des « robes élégantes, des bijoux et des parfums offerts » (façon de parler vu les tarifs pratiqués) « aux convoitises féminines ».

L’homme de main de Greta, tatoué et dévoué !

Il s’appelle Raymond et a pour mission de dérober les œuvres d’art détenues par de riches résidents de la Côte d’Azur. Ses bras sont couverts de « tatouages ». Raymond est silencieux, dévoué et efficace !

Le capitaine du yacht de Greta, amoureux et ambitieux !

Il s’appelle Utah Schmidt et possède des « cheveux blonds, presque blancs à force de pâleur et tondus court » ! Le capitaine du « Morning star », le yacht de Greta, se veut beaucoup plus qu’un simple salarié. Il n’en sera rien !

Le mari de Greta, amoureux et cagneux !

C’est le prince Dmitri Lenivyeff ; il affiche largement ses 70 ans. Ce prince russe ruiné n’est qu’un homme de paille qui, par le mariage, a offert à Greta un titre de princesse et une honorabilité parfaite.

Greta, bronzée et énamourée !

Greta Morgan, nouvellement princesse Lenivyeff, est une sublime rousse (« une chevelure d’or roux croulait en ondes frémissantes » ; des « cheveux lumineux tirant sur le roux »), aux yeux bleu-vert. Une teinte sans doute pas très naturelle, puisqu’à la moitié du roman on nous parle de ses « magnifiques cheveux blonds » et non plus d’une chevelure incandescente.

Une créature d’exception, à la plastique parfaite « prédestinée à l’amour ». « Ses cheveux croulaient en masse odorante sur sa nuque, caressant le ton doré de son épiderme. »

Une « créature splendide », qui est le cerveau de vols spectaculaires, tout en bronzant sur le pont de son bateau. Installée sur un transat, Greta se laisse caresser par le Soleil, afin de dorer son épiderme. Son bras, « tout doré de soleil », sait se faire, selon les circonstances, caressant ou directif !

Par ailleurs, Greta applique sur ses ongles un vernis « rouge sang » et parfume ses mains et son corps avec une senteur littéralement envoûtante (« une main chaude, parfumée »). « Penché, Simon respirait le parfum délicieux sourdant de la jeune femme. »

Simon, bronzé et détaché !

Simon est un bel homme au « teint basané », au « visage bronzé » (expression retrouvée 3 fois dans cet opus) et magnétique « au regard bleu », « insoutenable ». S’il est venu sur la Croisette, ce n’est pas pour affaires, mais bien plutôt pour profiter du Soleil cannois. Durant ses vacances, il est bien décidé à « jouir du Soleil », à fond. Ce ne sera pourtant pas le cas, puisque son amie Trina lui lance un appel au secours.

On apprend ici que Simon se frictionne « après la douche » !

Catherine Venard, pâle et folle amoureuse !

Ses amis la surnomment Trina. La belle jeune femme est l’épouse d’un riche homme d’affaires, qui vient de se faire dépouiller des joyaux de sa collection picturale. Trina, grande admiratrice de Simon, met toute sa confiance dans notre héros pour retrouver les biens si chers à son mari.

Et une soirée mémorable chez Trina

Tous les membres du Yacht Club ont été invités à un bal costumé d’exception. Simon s’y présente en flamboyant mousquetaire du roi, Greta en délicate et « exquise » Pompadour !

Dans la superbe villa de Trina, une chambre est réservée aux femmes qui souhaitent se refaire une beauté. « Enfin, elle franchit la porte de la chambre réservée aux invitées pour y vérifier l’ordonnance de leur chevelure, leur maquillage, leur beauté. »

Et un parfum qui ne s’oublie pas

Même masquée… Greta est reconnaissable entre toutes. Simon reconnaît sa voix, sa silhouette, son « parfum » !

Le Saint retrouve Greta, en bref

Toutes les toiles ont été retrouvées et restituées à leurs propriétaires. Greta s’est fait avoir une nouvelle fois par son ex-amant. Alors qu’elle croit détenir des lingots d’or (Simon a effectué pour la belle une tractation auprès des propriétaires), elle ne dispose, en réalité, que de lingots de plomb, colorés en jaune serin ! Quant à Simon n’en doutons pas un instant… il a fait une excellente affaire, en s’acoquinant avec un directeur d’assurances. Comme quoi pour certains… les vacances ça n’existe pas !

Bibliographie

1 Charteris L., le Saint retrouve Greta, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1963, 190 pages