Arsène Lupin, le roi du DIY cosmétique !
Cette fois-ci ce n’est pas Arsène Lupin qui va au-devant d’une aventure… c’est une aventure (ou plutôt une jeune et jolie aventurière blonde), qui vient l’attendre dans son appartement, après avoir chipé la clé dans la poche de l’inspecteur Béchoux (on se demande au passage comment cette clé pouvait bien se trouver là !).1 La jeune fille, toute frémissante, s’est enfuie de chez elle. Elle y court visiblement un danger ! Dans ces conditions, Arsène Lupin, caché sous les traits du vicomte Raoul d’Avenac, ne peut qu’obtempérer. Il sera récompensé de sa bonne action, puisqu’il découvrira un trésor, caché depuis des siècles… De quoi mettre en appétit le plus gentleman des cambrioleurs !
Pourquoi ?
Pourquoi Arsène Lupin débute-t-il cette aventure en se passant sur le visage des cosmétiques à sa façon ? On ne le sait pas, d’emblée. « Ayant arrangé vivement sa tête devant une glace, à l’aide de quelques mixtures qui changeaient plutôt son expression que son visage, il passa dans la pièce voisine, changea de vêtements, saisit dans un placard une valise toujours prête, sortit, et courut jusqu’au garage. »
En continuant la lecture, on se rend compte que ce grimage a pour but de transformer Arsène Lupin en un personnage au « teint rouge brique », caractéristique, selon lui, de la « vieille noblesse périgourdine ».
Comment ?
A peine arrivé à La Barre-y-va, Arsène se rase et se lave, « dans un baquet d’eau froide ». Comment continuer dans ces conditions à arborer le teint rouge brique, qui sied à son personnage ? On ne le sait pas !
Avec qui ?
L’inspecteur Béchoux est installé à La Barre-y-va, auprès de sa maîtresse Charlotte, la cuisinière qui assure le service de Catherine et de Bertrande. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que Charlotte est aussi la maîtresse du valet de chambre Arnold et que tous deux convoitent le trésor de la Barre-y-va et sont prêts à terroriser les deux héritières du domaine, afin de pouvoir avoir les mains libres dans leur quête de la fortune.
Une histoire d’or
Le grand-père Montessieux s’est fait passer toute sa vie pour un alchimiste. En mourant, il divise son domaine en deux lots, l’un pour Catherine, l’autre pour Bertrande. Et au milieu coule une rivière… qui n’est pas aurifère, mais qui, lors des grandes marées, charrie une poudre d’or, arrachée à deux amphores, cachées dans un tumulus romain. Ce que personne n’a compris depuis des années, le bel Arsène le pressent alors qu’il a à peine mis les pieds dans le domaine.
La Barre-y-va, en bref
Les détails cosmétiques sont bien minces dans ce nouvel opus de Maurice Leblanc. Et pourtant, on continue à vivre dans l’intimité du gentleman cambrioleur et on le surprend à user de préparations de son cru ; des préparations qui, contrairement à ce que l’on cherche habituellement à obtenir, rendent le teint vif et allumé. Des cosmétiques à rebours, qui irritent le teint et le maintiennent dans un état de surchauffe savamment programmé ! Il n’y a pas à dire, le spécialiste du DIY cosmétique, c’est bien le bel Arsène !
Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.
Bibliographie
1 Leblanc M., La Barre-y-va, Le livre de Poche, 1967, 191 pages

