Manava, quart de crème hydratante, mon œil !
Il y a quelque chose d’un peu étonnant dans le domaine cosmétique… il y a une règle du jeu (un Règlement qui doit être respecté !) ; il y a des joueurs (d’un côté l’industriel qui fabrique un produit, de l’autre des consommateurs qui utilisent le produit) et un arbitre (les autorités de santé censées contrôler les débordements et appliquer les sanctions qui s’imposent).
Mais il y a des tricheurs qui sont pris en flagrant délit… mais que l’on regarde tricher avec un doux sourire sur les lèvres. Qu’ils sont donc coquins ces industriels qui vantent des qualités qui n’existent pas avec effronterie.
Dans ce genre, on trouve de grandes marques… Comme par exemple Dove et son quart de crème.1
Et on trouve aussi des copies des grandes marques qui se targuent des mêmes qualités.
Démonstration !
Manava, la crème de douche et son quart de crème hydratante !
Cette marque Repère triche au jeu de la transparence et de la vérité avec autant d’aplomb que son grand frère Dove.
Si on détaille la composition, on constate qu’on a affaire à une solution nettoyante épaissie mais absolument pas à une émulsion (non scientifique pour désigner une crème). Pour s’en persuader il suffit de bien examiner la liste INCI. Celle-ci consiste en une base lavante composée de 4 tensioactifs (sodium laureth sulfate, cocamidopropyl betaine, PEG-6 caprylic/capric glycerides, laureth-3) solubilisés dans un mélange d’eau et de glycérine. Cette base lavante est intéressante, puisque l’on a associé des tensioactifs de différentes familles chimiques, afin d’en diminuer le caractère irritant. On a ajouté du parfum (pour le plaisir), du chlorure de sodium (afin d’épaissir la préparation et d’éviter que le produit ne coule entre les doigts aboutissant à une consommation de produit exagérée), un conservateur antimicrobien (sodium benzoate), des adaptateurs de pH (citric acid, sodium hydroxide) afin que le pH de la préparation soit compatible avec le pH cutané, un agent séquestrant (tetrasodium EDTA) afin d’éviter l’entartrage des canalisations et de la peau. Bref, on a mis au point une solution épaissie à base de tensioactifs.
Et à la fin de la liste des ingrédients tout de même… une goutte d’huile de jojoba ! Ce n’est, évidemment, pas avec cette minuscule goutte de jojoba que l’on va pouvoir transformer cette solution en « crème » (à 100 % ou même à 25 %) ! Et encore moins en crème hydratante.
Manava, la crème de douche à l’huile de jojoba !
Il faut oser tout de même ! Mettre en avant l’huile de jojoba et retrouver cet ingrédient en fin de liste ! Un coup de poker ! Un coup qui passe, qui fonctionne !
Précision importante : l’huile de jojoba émarge après le microplastique (styrene/acrylates copolymer) utilisé en association avec le chlorure de sodium pour augmenter la viscosité du produit !
Manava et son quart de crème hydratante !
En tant que consommateur, il n’est guère plaisant de jouer la partie avec un tricheur. En tant qu’observateur (et d’observateur animé par ailleurs de bons sentiments envers une industrie, fleuron national) il est pénible d’assister à ces parties de cartes truquées, à ces parties de dés pipés !
Un jeu à la loyale est souhaité. Espéré vivement ! Rangeons les jeux de cartes marquées et les dés lestés pour un jeu honnête et équitable !
Bibliographie
1 https://www.regard-sur-les-cosmetiques.fr/nos-regards/dove-et-le-1-4-c-est-pas-le-train-fantome-194/
Composition
Crème de douche ¼ de crème hydratante à l’huile de jojoba : Aqua, sodium laureth sulfate, glycerin, cocamidopropyl betaine, PEG-6 caprylic/capric glycerides, laureth-3, parfum, sodium chloride, PEG-200 hydrogenated glyceryl palmate, sodium benzoate, sucrose cocoate, PEG-7 glyceryl cocoate, styrene/acrylates copolymer, citric acid, polyquaternium-10, simmondsia chinensis seed oil, tetrasodium EDTA, sodium hydroxide.

