24 heures de la vie du petit docteur !

Désormais Jean Dollent est considéré comme un détective amateur qui compte. Aussi personne ne s’étonne-t-il de le voir débarquer à Nevers,1 suite à un drame que le petit docteur a bien envie de qualifier de familial !

Il prend de l’aplomb ce petit docteur, qui déclare au commissaire chargé de l’enquête qu’en 24 heures il se sent capable de lui livrer le nom du coupable ! Dans ces conditions, pas question de traîner au lit ; dès 6 heures du matin, Jean « se rase devant un mauvais miroir », puis il se jette dans l’aventure !

L’histoire en deux mots !

Isidore Borchain, représentant pour la France d’une « maison américaine de produits pour dentistes », est le mari de Marthe et l’amant de Nicole, sa belle-sœur… Marthe, quant à elle, se console de cela dans les bras de son amant René Juillet !

Marthe, une beauté pleine d’émollience !

Cette femme possède une beauté « surannée », nous dit Georges Simenon, qui nous la présente comme une évocation parfaite d’une « féminité parfumée et douillette ». Sa « peau très pâle », qui ne manquerait pas d’être comparée à un bouquet de « lys et de roses » par les écrivains d’antan, semble être à la mode du passé. Marthe ressemble à une jolie porcelaine fragile ! En vérité, il n’en est rien… Cette femme, qui semble la pureté et l’innocence même, est la meurtrière que Jean Dollent est venu chercher. Une femme qui a tué un mari gênant !

Nicole, une beauté pleine de feu !

La sœur de Marthe est bien différente. Sa beauté est, pour le coup, une beauté fougueuse, qui appelle la passion. Ses cheveux sont « d’un roux ardent », que l’auteur qualifie du nom de « blond vénitien ».

Et une voiture !

La voiture de Jean a un nom… Ferblantine ! C’est grâce à elle qu’il a pu se rendre à Nevers !

Et une histoire de pommade

Le commissaire est ébloui par la façon dont le petit docteur a réussi à résoudre (ou presque… puisque Jean accusait Nicole et non Marthe) l’énigme du représentant assassiné. Tellement ébloui qu’il le complimente sans réserve. De quoi énerver Nicole : « Vous êtes odieux, avec vos façons de vous passer la pommade… »

Une femme a crié, en bref

Pas de cosmétiques, dans cette courte nouvelle, mais, en revanche, une mise en garde vis-à-vis des apparences. Ce n’est pas la femme à la beauté incandescente qui est à l’origine du drame, mais celle à qui on aurait aisément donné le bon Dieu sans confession !

Un grand merci à Jean-Claude A. Coiffard, poète et plasticien, pour son illustration du jour.

Bibliographie

1 Simenon G., Une femme a crié in Le petit docteur, Gallimard, 1946, 589 pages