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Chez les Ingalls du savon et de la graisse d’ours, un point c’est tout !

> 15 octobre 2020

Chez les Ingalls du savon et de la graisse d’ours, un point c’est tout !

L’histoire de Laura Ingalls est assez différente de celle mise en scène par Michael Landon dans les années 1970.1 Il y a pourtant des points communs : une petite fille pleine de vie, aux cheveux lisses et bruns (Laura), sa sœur Marie, au visage encadré par des boucles blondes, raisonnable à l’excès et Bébé Carrie, un poupon un peu encombrant que l’on doit surveiller à tour de rôle. La vie de Laura est une vie rude ; son père, Charles, a décidé de quitter sa famille installée dans le Wisconsin, afin de fuir la surpopulation qui y règne et de « repartir du bon pied », à l’Ouest, dans une région vierge de toute civilisation. C’est en chariot bâché, mené par des juments mustangs que la petite famille se met en route, direction les plaines du grand Ouest. M. Edwards, un homme au grand cœur, qui crache beaucoup plus loin que son ombre, et M. et Mme Scott, des voisins très obligeants, constituent les seuls contact avec des Hommes blancs.

Charles Ingalls, un père qui sent le caramel et la graisse d’ours

La figure de Charles Ingalls est associée au « chaud parfum de caramel » de son tabac, au son harmonieux de son violon et à une graisse d’ours pour cheveux indomptables (il utilisait celle-ci, il y a quelques temps, lorsqu’il faisait sa cour à Caroline et essayait de mater des cheveux dressés « tout droit sur la tête »). Charles, c’est le plus fort... Il est capable de construire une maison, de creuser un puits, de chasser le puma ou d’endormir ses filles au son du violon... à volonté !

Caroline Ingalls, une mère qui sent le savon et les herbes de la prairie

Chez les Ingalls, la lessive se fait, à la main, au savon mou (il y en a une « pleine écuelle en bois » dans le chariot) ; un sèche-linge écologique utilisant le rayonnement solaire et les grandes herbes de la prairie permet, en un seul geste, de sécher le linge et de l’imprégner d’un parfum unique à notes miellées.

Caroline Ingalls, une mère qui traite les entorses à l’eau très chaude

La vie, dans la grande plaine, est rude ; il y a des accidents et aucun médecin alentour. Une entorse se traite par un bain de pied à l’eau chaude (eau « portée au plus haut degré de chaleur supportable ») et un bandage serré.

Les Indiens, des gens inquiétants qui sentent la mouffette

Lorsque l’on vit en territoire indien, il y a de quoi trembler lorsque l’ombre d’un Indien se profile sur le sol. Ceux-ci sont, pour la plupart, pacifiques et ne demandent qu’un peu de nourriture en passant. Ils laissent dans la maison une odeur particulièrement nauséabonde car ils arborent à leur ceinture une « peau fraîche de mouffette ».

Mme Scott, une voisine qui traite la malaria à la quinine

Perdue au milieu de nulle part, la famille Ingalls manque de mourir d’un accès de malaria. Leur voisine la plus proche (les 2 maisons sont séparées de 5 km) vient heureusement à leur secours et administre aux parents et aux enfants le remède qui s‘impose alors, une poudre amère... la quinine. C’est à l’aide d’un « cornet de papier » qu’elle va d’un lit à un autre soigner chacun de ses patients.

M. Scott, un voisin qui ne supporte pas les expositions solaires 

M. Scott est un voisin bien sympathique, toujours prêt à rendre service. Il supporte tout... sauf le soleil. « Sa peau, rouge vif, s’écaille par endroits », la « faute de c’sacré soleil et de d’ce sacré vent » ! Il perd sa peau comme un serpent dès lors qu’il reste au soleil. Il ne bronze jamais !

Chez les Ingalls, les petites filles dorment en bonnets de nuit, coiffent une capeline pour se protéger du soleil, sont toujours « bien lavées et bien peignées », « fraîches comme des roses » et « propres comme des sous neufs ».

Chez les Ingalls, il n’y a que le strict nécessaire. Pas d’étagères chargées de cosmétiques, pas de garde-manger bourré à craquer. Une maison en bois pour se mettre à l’abri, un puits pour l’eau fraîche, et un chariot pour reprendre la route lorsqu’il le faut.

Bibliographie

1 Ingalls Wilder L. La petite maison dans la prairie, Flammarion, 1978, 350 pages

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